mardi 3 janvier 2012

EN ATTENDANT LE 21 DECEMBRE 2012


Y Dor koué ?



En attendant le 21 décembre 2012 qu’est ce que je vais bien pouvoir faire ? J’aurai bien appris le chinois mais je crois que ça prendra trop de temps. Je maitriserai à peine le « ni hao » que je serai déjà transformé en poussière. Non, en attendant le 21 décembre 2012, il faut que ça soit plus excitant. Plus rien à perdre de toute façon, la Terre va exploser en mille morceaux. Alors oui, il faut vivre dangereusement sans craindre la police. Dorénavant je brûle les feux rouges et je ne paie plus ces foutus impôts. Tiens faut que j’aille dire à mon propriétaire que c’est fini les petits bénéfices. Le loyer ce n’est plus mensuellement que je vais le lui régler. On va renégocier le contrat pour que ça devienne payable en une fois. Je suis sûr qu’il aimerait avoir un seul gros virement et pourquoi pas à la fin de l’année. D’ici là, ras de marée, tsunamis, météorites auront eu raison de sa joie. En attendant le 21 décembre 2012 faut aussi que j’arrête de perdre des kilos. Mais qu’est ce que ça veut dire de surveiller sa ligne en faisant du sport !! Les mayas ils n’ont jamais conseillé 5 fruits et légumes et moi je veux du Mc do. Tant pis si je deviens obèse,  maintenant je fais ce que je veux de mon corps. A l’heure du jugement dernier j'aurai au moins du poids à mettre dans la balance. Ce n’est pas ma gentillesse et mon honnêteté qui me sauveront de cette prophétie. Tout va disparaitre alors pourquoi je devrai encore faire preuve d’abstinence. Comme c’est trop tard demain je profite aujourd’hui de toutes mes envies. Je fais la queue à la Poste et j’ai envi de lâcher une caisse des plus odorantes, et bien je le fais et je me dénonce même devant tout le monde, tranquillement. Pas de honte à avoir, avec le 21 décembre 2012 la vie devient… différente. J’avais oublié de rester simple, de laisser les choses sortir… naturellement. En attendant le 21 décembre 2012 je ne veux pas vous mettre la pression, mais si vous ne faites pas attention vous risquez de passer à côté de l’essentiel. Arrêtez de prier comme des endiablés vous ne changerez rien à la malédiction. L’apocalypse est annoncée et pour ma part j’y survivrai tel un éternel. Rendez-vous le 22 décembre 2012 pour continuer à payer nos dettes à la société. Le fisc aura toujours un dossier à mon nom, bien malheureusement. Et je sentirai le regard des gens quand j’irai à la Poste récupérer tous mes recommandés. Ça voudra dire que Niburu ne sera pas passé par là pour m’aider à me faire oublier, bien heureusement…

lundi 28 novembre 2011

LE CHEVALIER D'ORION

 




Y Dor koué ?                                            Il m’arrive parfois, au milieu d’une soirée, au milieu d’une nuit, silencieusement, pendant que d’autres font du bruit, de lever la tête vers le ciel pour regarder les étoiles qui scintillent. D’où viennent toutes ces lumières qui brillent ? J’imagine bien les années qui me séparent de leurs points d’origine, situés bien au-delà du soleil, bien plus loin que l’éclat magnifique de la lune. Dans toute cette immensité des formes se précisent peu à peu. Mes yeux se réjouissent devant tant de vies lumineuses. Chaque nuit les mêmes schémas qui se dessinent. Des alignements aux sens figurés  que les plus passionnés devinent. L’ami Philippe, lui, s’y connait bien plus que moi en astronomie. Mais comme moi il lui arrive de questionner la grandeur de l’infini. Comme moi, les pieds sur Terre, il a la tête dans les étoiles. Il a des notions en la matière, je suis admiratif, quoi de plus normal. C’est un doux rêveur, un être sincère qui croit en nous, en l’homme, en ce que l’univers peut regorger comme chromosome. Je ne vois que des points là où lui perçoit des personnages. Je m’étonne du spectacle offert quand lui s’émerveille et rend hommage. La nuit est si belle, les gens s’amusent dans la maison à l’unisson. Au dehors nous restons yeux ébahis vers le ciel et ses constellations. Et pour la première fois j’observe le Chevalier d’Orion, reconnaissable aux trois étoiles formant son ceinturon. Quelle est son histoire, quelle est sa plus grande gloire ? Faut sûrement être un adepte de la mythologie pour l’avoir en mémoire. La nuit se fait plus fraiche et le Chevalier d’Orion se déplace tout doucement. Bientôt il disparaitra de mon champ de vision sans un seul grincement, mais je saurai le retrouver maintenant c’est une certitude. Car dorénavant Le Chevalier d’Orion m’apparaitra sous toutes les latitudes…

jeudi 3 novembre 2011

FACILE A DIRE


Y Dor koué ?



Si tu devais ne plus me voir, penseras-tu encore à moi ? Serai-je pour toi un rêve ou un cauchemar si tu devais ne plus me voir. Je te connais, tu risques de ne pas t’en soucier, tu risques même de t’en amuser. Pourquoi en pleurer quand on se sait autant aimer. Mais il est temps que tu prennes conscience de ce qui se passe, de cette distance. S’il faut du temps j’aurai la patience. J’ai de la place, un vide immense que je comble en t’écoutant. Je me rends compte pourtant que c’est moi le plus inquiet. Je me sens si fragile et toi si forte en réalité. Tu questionnes ce que je fais de mes journées, comment je vis, si j’ai bien mangé. J’aimerai tant que malgré toutes les résistances, quoi qu’il se passe, quoi qu’on en pense, tu rejettes tous les doutes pour garder toute ton innocence. Si tu devais ne plus me voir, penseras-tu encore à moi ? Serai-je pour toi un rêve ou un cauchemar si tu devais ne plus me voir. Je te connais, tu risques de ne pas t’en soucier, tu risques même de t’en amuser. Pourquoi en pleurer quand on se sait autant aimer. C’est important dans nos silences de laisser une trace, en toute confiance. Un mot, une photo, un dessin peint du bout des doigts. Des traits pour les jambes et les bras. Un rond pour la tête et le ventre apparemment bien gras. Ça me fait toujours sourire. Je dirai même que ça fait vraiment plaisir. Ca fait très chaud au cœur, mais il me manque les cris, les couchers difficiles, les réveils trop faciles, les pleurs, les sauts d’humeur. Tu réalises sans doute ce qui se passe. Cette absence qui perdure sans que je puisse y faire face. T’as sûrement raison de me dire qu’il ne faut pas être triste. La vie est belle ça ne sert à rien de garder cet air sinistre. Cet air grave qui fait froncer les sourcils et qui s’adoucit devant tes petites phrases bien subtiles. Si tu devais ne plus me voir, penseras-tu encore à moi ? Oui j’en suis sûr cette fois. Je ne serai ni un rêve ni un cauchemar car je serai là dès que tu m’appelleras. Je n’ai plus à me soucier, tu m’aimes suffisamment pour ne plus avoir à en pleurer.

mercredi 3 août 2011

REUNION - PARIS EN ALLER SIMPLE

Y Dor koué ?

J’avais beaucoup d’ambition pour moi. J’avais surtout beaucoup d’ambition pour elle. Je me suis pourtant dis quelquefois, qu’elle m’en voudrait de ne pas la laisser voler par ses propres ailes. Je m’attendais à ce qu’elle parte, qu’elle s’en aille en me disant « mais laisse moi papa ». Qu’en future jeune femme indépendante elle se prenne même un appart. Qu’en rentrant je me rende compte qu’elle ne soit vraiment plus là. C’est la vie m’a dit un jour ma petite sœur chérie. On a beau tout planifier mais rien ne se passe comme prévu. Pourtant de voir ceux que j’aime partir je me croyais guéri. En fait, la vérité c’est qu’il n’y a pas de médicament contre les départs imprévus. Pas la peine de pleurnicher on n’est pas homme et père pour rien. Il faut savoir encaisser sans pour autant se faire remarquer. Elle a sûrement été surprise de ces décisions prises du jour au lendemain. Elle a juste en tête le bonheur suprême de pouvoir voyager. Prendre l’avion… Son sourire en dit long sur sa compréhension de la situation. La distance est loin d’être considérée comme une contrainte, elle est encore enfant et faudrait pas que je l’oubli dans ma quête de solution. Elle ne part pas, elle va juste en France dit-elle en guise de feinte. Elle ne veut pas m’inquiéter comme si les rôles étaient inversés. Je dois la rassurer mais de qui, de quoi, comment ? Elle est bien accompagnée voilà ce que je me dis pour ne pas trop tergiverser. Elle sera bien accueillie il ne peut pas en être autrement. Alors avant qu’elle ne s’en aille vivre autre chose ailleurs, je vais m’attacher à ne pas mettre de côté tout ce que je veux lui dire. Je lui raconterais ses rires, ses crises, ses caprices, ses pleurs, mais elle saura surtout que rien n’est plus dur que de ne pas la voir grandir…

samedi 16 juillet 2011

NOUVELLE DE MISS REUNION 2011



Y Dor koué ?



Yes yes yes, c’est le grand soir… enfin. Je vous explique les règles du jeu si vous voulez bien. 12 candidates, 12 demoiselles couleurs Réunion, qui vont nous faire le show de la plus belle des façons. Oulala, après les premières présentations, on a un semblant de premier classement ; Dans l’ordre je dirai Marie PAYET, Aude BISSERBE et Laurianne VALMONT. Hormis Aude BISSERBE, c’était déjà mon classement de départ. Elisabeth IDOUMBIN-MOUTIN a intérêt à assurer si elle veut finir sur le podium ce soir. Allez cafrine,  ce n’est que le début du spectacle, bouge ton body. C’est l’interview, alors cause comme il faut et surtout sourit. Laurianne VALMONT a stressé un peu mais rien d’alarmant. Sophie ZEGANADIN a oublié de mettre un point à son discours, trop chiant. « L’habit ne fait pas le moine » voilà ce qu’on va retenir de Elisabeth IDOUMBIN-MOUTIN. Aurelie HOAREAU a bafoué sa réponse, pas bien, mais alors vraiment pas bien. Ornella CHANE-PO a fait ce qu’il faut pour retenir l’attention. Hmmm, je crois qu’elle a gagné quelques places dans mon classement. Sandrine POUDROUX s’est exprimée mais je ne ferai aucun commentaire. Marie PAYET a valorisé la culture musicale réunionnaise, de quoi être fière. Aude BISSERBE s’est perdue dans ses pensées de femme créole, dommage car on va juste retenir qu’elle a été un peu trop mole ; Qu’en-est-il du classement après ce passage causerie. Je dirai que Marie PAYET reste la favorite. Pour les places d’honneurs, Ornella CHANE-PO se positionne clairement ; Le défilé en maillot de bain apportera beaucoup plus d’éclaircissement. Du rouge qui attire les yeux, c’est bon ça. Au milieu de ces corps en mouvance, un pot pourri, M. POKORA. Mais qu’on lui jette une tomate à la tronche, ça serait magnifique. De quelle prison s’est-il évadé pour venir nous infester de sa musique ?? Bon, ne nous laissons pas déconcentrer, y a les prétendantes au titre qui s’avancent. Elles sont en robe de soirée et là ça fait vraiment la différence. Marie PAYET est encore au top pendant que les autres tentent de rattraper leur retard. Ornella CHANE-PO grignote le sien telle une super star. Assurément je la mets parmi les 5 qui vont finir la soirée. A 21h05 mon classement est donc le suivant : bien sûr Marie PAYET. Avec elle, Ornella CHANE-PO, Laurianne VALMONT, Elisabeth IDOUMBIN-MOUTIN et Ophélie SOMMER. A 21h08, le choix du Jury et du public est le même que le mien sans l’avant dernière. A sa place c’est Aude BISSERBE qui a été choisit. Rien de grave je suis encore dans la course quant au trio gagnant de cette nuit. Car au final le titre se jouera entre Marie PAYET, Laurianne VALMONT et Ornella CHANE-PO. Les autres peuvent déjà aller se rhabiller car elles ne feront pas de vieux os. D’ailleurs je boucle là mon article car je suis sûr de la décision à venir. La Miss Réunion sera Marie PAYET. Les dauphines seront Ornella et Laurianne sauf si elles me font mentir. Le public réunionnais est seul juge pour 100% des votes, mais je sais que ce trio aura largement la cote. Narvusa l’année prochaine…

mardi 21 juin 2011

LE TEMPS PERDU


Y Dor koué ?


Tout est question d’organisation on m’avait dit un jour. Il faut mettre de l’ordre même si pour ça il faut faire preuve de bravoure. Ne rien laisser au hasard, s’assurer que tout est bien calé. Chaque chose à sa place comme dans un disque dur fraichement installé. Éviter qu’un intrus vienne vous faire admettre tout imprévu, ne pas se faire avoir sinon c’est la perte d’énergie, la bévue. Le temps nous entraine sans qu’on puisse l’arrêter. Impossible de s’y soustraire sans rien regretter. L’oubli s’active à se faire accepter dans cet espace brillamment ficelé. Les regards se portent ailleurs plutôt que sur l’essentiel, la vérité. Une vérité qu’on peine à voir car trop épris par des projets bien ambitieux. Tout est là pourtant, à portée de main et prendre ne ferait que rendre heureux. Rester simple, juste rester simple, pourquoi chercher à faire plus. S’aventurer dans autant de chemin ne peut apporter le bonheur absolu. L’important est là sous des yeux admiratifs. Arriver à voir ce qui est donné sans retenue, rester attentif. Arriver à prendre ce qui est partagé par les mots, par les gestes, tous ces moments délaissés quand il aurait fallu les enlacer sans conteste. Tout est question d’organisation on me l’avait dit un jour ; Je ne sais plus qui, je ne sais plus quand, d’ailleurs quelle valeur a ce discours. Vivre l’instant présent en se souciant de ces attentions. Laisser le temps suivre son cours en ayant qu’une unique intention, savourer chaque minute passée sans se retourner vers ces futilités. Prendre le temps d’être avec la personne qui vous aime en toute fidélité…

mercredi 1 juin 2011

MISS REUNION 2011




Y Dor koué ?

Oulala, j’entends déjà les critiques et autres encouragements fusés. Les encouragements bien entendu, viendront des familles fières de leur fille bien aimée. Les critiques comme chaque année viendront des autres, des gens comme vous et moi. Les filles sélectionnées on va les scruter à la loupe de haut en bas. Elles ont intérêt à bien se raser les dessous de bras parce qu’on ne va rien rater. Et si il reste quelques boutons maléfiques sur le visage, un conseil faites péter. Antenne Réunion vient de dévoiler les 12 candidates en lice pour le titre de Miss Réunion. Un titre extrêmement convoité si j’en crois le nombre de filles venues aux présélections. Malheureusement ou heureusement il n’y a que 12 qui défileront devant le jury. 12 belles plantes sur pieds qui vont essayer de charmer un public encore indécis. Tout le monde a sa petite idée de qui va être la Miss Réunion. On a nos critères de beautés pour choisir celle qui bénéficiera du billet d’avion. Un vol direct vers la Métropole pour représenter son île au mois de décembre prochain. Depuis Valérie BEGUE la Réunion n’a pas eu accès au tableau final. De belles prestations mais rien qui nous mène jusqu’au bout du spectacle. Comme chaque année je vais vous lister mon trio gagnant. En 2ème dauphine la candidate numéro une Laurianne Valmont. En 1ère dauphine la candidate numéro 4 Elisabeth Idoumbin-Moutin. En tout cas entre la 1ère et 2ème dauphine ça va se jouer à un petit rien. Et la grande gagnante de l’élection Miss Réunion 2011, celle qui va tout rafler, c’est la candidate numéro 11, Marie PAYET. Pour les autres je crois qu’il va falloir prendre rendez vous pour un autre casting…

dimanche 29 mai 2011

DISPARAITRE A LA POSTE


Y Dor koué ?

A la Poste il règne un air de déjà vu. Une ambiance habituelle, une manière de travailler bien connue. A la Poste le client n’est pas un roi. De toute façon s’il est là c’est qu’il n’a vraiment pas le choix. Personne n’y est par envie ou parce qu’il a du temps à perdre. S’y rendre relève plus de l’obligation, la tuile énorme, la grosse merde. Et quand on y est c’est comme une maison qu’on connait comme sa poche. On sait où trouver chaque meuble, pas très beau et les guichetières, très moches. A la Poste on ne peut pas dire qu’il n’y a pas de personnel. Si, si, il y en a, il y en a même à la pelle. En fait ils sont tellement nombreux qu’ils ne savent plus quoi faire. En tout cas ils ne font pas ce qu’il faut pour satisfaire le client en colère. Venir à la Poste c’est accepter l’idée de faire la queue longtemps, très longtemps. Je vous conseille de dire au revoir, voire même adieu à votre famille, vos enfants. Prévoyez une bonne barquette à manger et de l’eau, beaucoup d’eau. Prévoyez même une chaise ou un lit surtout s’il est transportable de dos. La lampe de poche est justifiée au cas où la nuit venait à tomber. Mais pas trop d’inquiétude à ce niveau, la Poste est suffisamment éclairée. Si vous ne craignez pas de rester debout c’est parfait, soyez juste patient, un jour ou l’autre vous finirez par avancer. Pas la peine de vous mettre en colère ça ne règlera pas le problème. D’ailleurs la Poste n’à que faire de vos jérémiades alors restez zen. Ils sont capables de se mettre en pose quand arrivera votre tour. Le postier est rancunier et il sait que vous reviendrez un jour. Enfin si déjà vous sortez vivant de cette expédition. Ça fait 4 ans que je ne retrouve plus mon chat. J’ai cru qu’on me l’avait enlevé pendant que je regardais Koh-Lanta, mais je sais maintenant qu’il doit être égaré dans une Poste du quartier. J’irai bien le chercher mais à la Poste j’ose même plus y mettre les pieds. Point positif c’est aussi à la Poste qu’on retrouve ses vieux amis. Des amis qu’on croyait perdus mais qui en fait font la queue depuis des décennies. Alors on en profite, on se raconte nos petites histoires d’antan, quand on embêtait les gens avec nos conneries d’enfants. On se raconte ce que l’on est devenu depuis tout ce temps. Comment nous, on a réussis à aller de l’avant, et pourquoi d’autres ont pu finir en prison. La Poste c’est vraiment l’endroit rêvé pour se perdre dans ses pensées. Il arrive qu’on se rappelle du pourquoi on s’est déplacé. Un timbre, un mandat cash, un coli à récupéré, ou peut-être une lettre en recommandée. Mais s’en souvenir ne veut pas dire que vous allez avancer. Celui qui est juste devant, vous a déjà souhaité deux fois la bonne année. Car c’est ça la dure réalité, on est à la Poste les gars et on n’est pas prêt d’en réchapper

samedi 21 mai 2011

LA FÊTE A MAMAN


Y Dor koué ?

Comme chaque année on va fêter les mères. Oui d’abord les mères, ensuite seulement viendra la fête des pères. La parité aurait sans doute voulue qu’on les célèbre tous deux ensemble, mais pour rien au monde on aimerait que l’homme et la femme se ressemblent. La nature est ainsi faite, l’homme offre les cadeaux, la femme les reçoit. De tout temps de toute façon on a toujours fêté la mère comme il se doit. La mienne j’ai tardé, trop tardé à lui offrir de superbes bouquets de fleurs. Elle aurait aimé je le sais. Elle aurait aimé que je lui fasse un petit achat avec mon argent économisé. Elle aurait aimé n’importe quel cadeau car elle n’est pas difficile ma mère. Elle a suffisamment galéré pour ne pas réclamer des présents d’hommes d’affaires. Sauf que moi mes cadeaux à moi c’était sueur froide et bien souvent des cris de douleurs, quand ce n’était pas des pleurs parce que j’étais l’image même de la déception. Un fils ingrat qui préférait la rue à la vie de famille à la maison. Pas évident d’y rester quand les potes vous interpellent façon « y Dor koué ? Alors tu descends ». C’est comme à l’armée, quand on vous appelle il faut répondre présent. Jouer à la bonne marmaille ça donnait plus mauvaise réputation. Honte sur toi surtout si ta mère crie ton petit nom par le balcon. Alors sitôt descendu on courrait vite sur le terrain du collège, parce que très vite nos mères étaient tentées de nous prendre au piège. Mes sœurs, alors en école primaire, se chargeaient loyalement de faire le nécessaire. Quelques beaux dessins et autres poésies ramenés faisaient largement l’affaire. Mon frère lui avait mieux à faire que de soucier de la fête des mères, parce que tout comme moi il en voulait à la Terre entière. On s’est bien défoulé depuis, c’est bon on s’est dégagé de toute notre colère. On a pris quelques années supplémentaires, on a vieilli, on s’est assagi, mais une seule évidence, notre mère est restée aimante pour mes sœurs, pour moi, pour lui. Un amour unique et grandissant qu’elle a maintenu pour tous ses enfants. Un amour qu’elle a su donner et partager sans réclamer le moindre franc. J’ai beaucoup de regret et bizarrement elle ne m’en veut pas. J’aimerai rattraper toutes ces journées perdues, lui dire pardon pour ne pas avoir été là. Absent quand il fallait juste lui dire bonne fête maman. Autant d’absence qu’elle a su excuser chaque jour, chaque année durant. Pas de petits mots signés comme dans un carnet de liaison. Que des gestes d’attentions au dehors comme à la maison. Elle est venue, je l’ai vue et j’ai rien compris c’est ça le problème. Alors avant que la vie ne me fasse son tour de magie je veux dire à ma mère oh combien je l’aime. Bonne fête à vous les mamans et bonne et heureuse fête à la mienne…

jeudi 5 mai 2011

DU RÊVE AU DELIRE


Y Dor koué ?

Ayé, tout le monde est à sa place, le décor est planté. Samedi c’est soir de match, rien n’est laissé au hasard, tout est calé. Musique d’ambiance pour chauffer la salle pendant que le MC rappelle les informations générales. Le rouge et le blanc vont s’unir 2h durant pour satisfaire un corps arbitral extrêmement exigeant. Les fautes on les connait par cœur, et faire de la prison ne nous fait pas peur. On est aguerri, entrainé à évoluer en toutes situations. On est déjà au taqué, prêt à jouer sans aucune hésitation. Il n’y aura aucun retard de jeu de signalé, ça va déchirer tellement on est motivé. Ceux qui n’auront pas réservé regretteront d’avoir manqué cette soirée. Début du match, le thème est donné d’une catégorie libre, d’une durée de 5mn et d’un nombre de joueur illimité. L’improvisation est mixte c’est l’arbitre qui l’a décidé. Elle aurait pu être comparée mais c’est son choix et on ne va pas discuter. En 20 secondes c’est adopté, on a une idée du plan de jeu. Au coup de sifflet on est ensemble dans la patinoire, notre aire de jeu ; Elle entre avec une posture, une intonation de voix, qui marquent déjà son personnage. Ma gestualité lui renvoi une image, elle lit mon émotion sur mon visage ; On se regarde l’air de pas se voir, on est en accord sur l’action à mener. Le cadre est tout trouvé, on va se la jouer dramatique, un choix du cœur par amour pour cette thématique. Pas de mauvais gout dans nos commentaires. Chaque geste respectera le cadre règlementaire.
Elle en a rêvé toute la nuit, toutes ces nuits, des nuits entières à se voir championne de Ste-Marie. La danse classique c’est tout ce qu’elle a voulu faire. Elle a tout sacrifié pour se faire une belle carrière. En face d’elle je suis le candidat pressentie au titre suprême. J’ai beaucoup d’ambition, je me défini même comme un danseur de l’extrême. Je suis loin d’être modeste, bien au contraire j’annonce même ma prochaine réussite. Elle, confiante en ses qualités, se présente devant un jury au regard noir l’air pessimiste. Elle s’est préparée depuis si longtemps à répéter ses gammes qu’elle s’oblige à rester concentrer, à garder la flamme. En attendant, sur un autre tableau, je patiente en coulisse à me pavaner devant des dames. Je suis sûr de moi, j’ai déjà la tête à la fête qui suivra. Elle s’élance dans sa prestation que je regarde d’un œil narquois. Le jury reste attentif à la justesse de sa chorégraphie. Elle ne commet aucune erreur, c’était déjà son premier défi. Elle peut espérer intégrer l’Académie, envisager son avenir différemment. Elle n’aurait plus à subir les moqueries d’un ami qui ce soir est d’ailleurs absent. A mon tour je me présente devant un jury impassible face à mon air fier. Cette place à l’Académie est pour moi je n’ai pas à m’en faire. Je m’avance avec assurance pendant qu’elle guette de ma part un décrochage. Mon jeu de jambe peut faire preuve de rudesse mais je reste élégant tel un danseur sur un nuage. Mon aisance provoque chez elle de la rage d’autant que des applaudissements viennent clôturer mon passage. Je me vois déjà signer le contrat tant attendu. Dans mon clan c’est l’euphorie et j’imagine que pour elle c’est le coup de massue. Après avoir délibérer longuement le jury convoque les candidats ; Elle se présente tremblante, presque sans voix. Pour ma part j’ai déjà diffusé ma victoire écrasante dans tous les médias. Le jury annonce leur sélection pendant que l’on se regarde. Elle tombe alors à genou en pleure, elle s’effondre. Je reste debout presque ahuri, les yeux dans le vide, pensif. Elle se relève tout doucement, fixant le jury qui a tranché dans le vif. En 10 secondes, elle leur dit merci et s’en retourne en coulisse. Je comprends alors péniblement que j’ai perdu ma place à l’Académie au bénéfice d’une Miss. Inacceptable je me dis, et c’est honteux que je regagne mon camp pendant qu’elle se délecte de ce contrat qui récompense ses années d’entrainements.
Le point sera rouge ou blanc ce n’est pas très important. Du rêve au délire, du délire au rêve il n’y a qu’un pas qu’un groupe d’ami franchit continuellement. L’impro ce n’est pas toute notre vie. Ça reste notre plaisir partagé avec envie chaque lundi. Les catégories vont s’enchainer encore et encore, nous donnant l’occasion de démontrer que l’impro c’est l’alliance de l’esprit et du corps. Le public nombreux, sera conquis comme à l’accoutumé. Il n’en a pas toujours été ainsi à nos débuts à St-André. Tout le monde est à sa place, le décor reste planté. C’est la fin du match et on est content pour les étoilés. Du rêve au délire, du délire au rêve il n’y a qu’un pas. Je ne sais pas pour vous mais moi j’y vais de ce pas…