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mardi 12 février 2013

JOUR DE L'AMBANJA

Y Dor koué ?
Il est là, assis, adossé à un pan de mur bien effrité. Un léger sourire égaye son visage que la nature a bien marqué. Il est là, paisible, le regard droit et plein de sagesse. Il dégage une quiétude qu’on reçoit comme une douce caresse. Aujourd’hui il a des invités dans son humble demeure. Des étrangers qui d’habitude sont source d’inquiétude et peur. Des gens dont il n’a aucune connaissance à part leurs origines. L’homme a la couleur locale, peu bavard mais il a bonne mine. La femme a la peau blanche, celle qui attire toute les curiosités. Tous deux partagent donc en ce jour de l’an un copieux déjeuner.
« Tu ne peux pas aller dormir chez la chèvre ou le cabri, seul un être humain peut héberger un autre être humain » Voilà comment cet hôte d’un jour résume son sens de l’hospitalité. Car tout avait mal commencé pour nos deux complices attablés. Ils ont eu la sublime idée de faire Nosy Bé – Diégo le premier jour de l’an. Ils y ont pensé un peu avant en estimant que c’est un mauvais plan. Un pari risqué mais c’est ça l’aventure ils se sont dit. Au port d’Hell Ville ils ne sont pas seuls mais ils constatent les restes de la nuit. Le gestionnaire du port les accueille ivre de fête et bière à la main. Il titube grandement tout en parlant et il n’est que 9h du matin. Ses collègues et camarades de beuverie  sont dans le même état. Bourrés à ne plus savoir quoi faire avec tous les passager qui sont là. L’énervement justement se fait sentir entre les différents passagers. Ils sont nombreux visiblement et seulement deux navettes amarrées. Ça se bouscule, ça crie légèrement, tout le monde veut une place. Ankify est à 45 minutes et pas question d’attendre la marée basse. Les tarifs sont revus à la hausse malicieusement. Ceux qui ne peuvent payer resteront à quai malheureusement. Pour nos deux aventuriers le vent à semble t’il tourné. Sans qu’ils aient déboursé les voilà subtilement embarqués. Ni vus ni connus ils sont installés pour la traversée vers Ankify. Un léger frisson dans le dos juste par crainte d’être surpris mais le voyage est sans encombre et sans un sous dépensé. C’est sûr que dorénavant ils feront la grasse matinée le 1er janvier. Maintenant il faut trouver un taxi pour aller à Diego. On regarde à gauche, on regarde à droite et résultat : zéro. Rien… rien à part ce gars là, venu avec sa voiture personnelle. Une voiture qui sert aussi de taxi et pas de manière occasionnelle. 5 places à bords mais lui assure qu’il peut en transporter plus. 5, 6, 7, 8 et c’est parti pour Ambanja à la recherche d’un taxi bus. Sauf que le 1er janvier même les restaurants sont tous fermés. Pareillement pour les hôtels qui affichent quasi tous complets. Alors après avoir déposé ses autres passagers, le taximan lance à nos 2 compères cette invitation venue d’ailleurs. Une invitation qui surprend par sa grandeur mais que l’on sait issue du cœur : venir déjeuner à son domicile avec l’ensemble de sa famille. Il n’a prévenu personne et pourtant l’accueil ne se fait pas sans bruit. Cris de joie, bras ouverts, embrassades pour rassurer. Wawa, vidéo et musique à fond la télé pour faire danser. L’ambiance est festive en ce début d’année. Quoi de mieux quand on failli rester à quai.
« Tu ne peux pas aller dormir chez la chèvre ou le cabri, seul un être humain peut héberger un autre être humain » Voilà donc comment cet hôte d’un jour résume son sens de l’hospitalité.
Il s’appelle Siaka et il est chauffeur de taxi à ses heures perdues. Des heures qui ont transformé une rencontre en petit bonheur absolu. Des souvenirs inoubliables au sein d’une famille qui ne demandent rien en retour, a part juste garder le contact pour qu’on puisse se revoir un jour. Le contact sera maintenu, il ne peut en être autrement. Un simple merci est tout simplement insuffisant. La rencontre est belle et mérite qu’on y porte la plus grande attention. Ne plus se perdre de vue car Ambanja est maintenant pour nous une magnifique destination…

mercredi 30 janvier 2013

VAZAHA DE NOSY BE

Y Dor koué ?
 
Assis à la terrasse d’un bar je regarde vivre la rue. Elle s’anime petit à petit pendant que je commande un steak de zébu. Première constatation, les filles de Nosy Bé et alentours sont de sorties. Cheveux lissés et bien coiffés, maquillage à outrance et faux cils, robe moulante, short jean serré, dressées sur talon aiguilles, décolleté laissant entrevoir une poitrine généreusement fournie, le tout agrémenté d’une démarche qui laisse imaginer ce que sera la nuit. La chasse est ouverte et le gibier ne se cache pas en forêt parmi les lémuriens. Ici on l’appelle « le vazaha » et il est principalement français ou italien. Âgé en moyenne de 50 à 80 ans, retraité ou actif et semble t’il fortuné, il a la peau blanche (obligatoirement) et l’appétit sexuellement endiablé. La musique rameute les quelques égarés. L’alcool coule à flot au Taxi Bé. Ambatolouk entame une nouvelle nuit de folie. Je remarque que les vazahas n’ont fait aucun effort quant à leurs habits. De toute façon les filles s’en fichent car ce qui compte c’est qu’ils aient des ariary. De bons gros billets verts estampillés 10000, qui leur donne le sentiment d’être les maîtres de la ville. Les jeunes filles jouent sans retenue de leur charme pour séduire ces tristes vieillards. Les corps se touchent laissant subtilement quelques espoirs. L’espoir et la certitude pour le vazaha de ne pas finir la nuit seul. L’incertain  espoir pour la jeune malgache d’avoir mis la main sur un trésor pour elle seule. Je croise certains regards nullement gênés de la situation. De l’aveu même des habitants il n’y a pas besoin de grandes explications. Le vazaha occupe une place privilégiée dans l’esprit des filles malgaches. Des garçons ont l’honneur d’occuper un bon emploi et pourtant ils ont l’impression de faire tâche. Ils ne peuvent rivaliser face à des êtres qui d’un claquement de doigt occupe le terrain sexuel. Ni leur ventre bedonnant, ni leur état avancé de décomposition ne freinent ces filles en quête d’amour éternel. Alors la nuit le malgache résigné reste tranquillement chez lui, laissant l’aire de jeux à de vieux blancs fatigués et aigris. La rue se vide tout doucement. Les noctambules s’amassent vers le Djembé tranquillement. A l’intérieur de la boite c’est l’effervescence. Il faut boire, danser, s’amuser à titiller les sens. Cette nuit c’est sûr il n’y aura aucune pitié. Celle qui aura joué les saintes ni touche rentrera bredouille, non accompagnée. Pour les autres le vazaha est le grâle absolue. De l’or à deux jambes qu’il faut faire marcher jusqu’au mariage voire plus. Ambatolouk connaitra bientôt quelques naissances. Des enfants attendus comme pour sauver d’une misère qui fait preuve de résistance. La mort attend aussi quelques couples ainsi formés. Trop jeune, trop vieux, trop d’écart pour que subsiste un amour facilement acheté. Mais tant pis, la nuit prochaine on remet les compteurs à zéro. On ressortira la robe moulante au raz des fesses pour un nouveau numéro. La chasse sera de nouveau ouverte. Le vazaha peut dormir tranquille il ne sera pas traqué telle une bête. Il jouit d’un statut spécial, d’un passe droit, qui lui ouvre les portes de cœurs en plein émoi. Sans doute un jour la révolte sonnera. Les malgaches sortiront de leur réserve pour prendre le pouvoir. Ils arriveront à conquérir ces femmes qui les fuient sans un regard. Ils feront d’elles leur compagne malgré la présence des vazahas. Un jour sans doute mais d’ici là la tolérance vaudra pour acceptation. L’économie donne à la situation un goût proche de la normalisation. Le malgache sait se contenter de peu depuis sa naissance. Et il y a d’autres batailles à mener ne serait-ce que pour se remplir la panse. Alors les vieux vazahas qui souhaitent à tout prix fuir les clubs 3ème âge de France et d’Italie, peuvent venir à Nosy Bé, ils y seront très bien accueillis.

samedi 31 mars 2012

JE M'APPELLE MOHAMED


Y Dor koué ?

Un matin la religion est venue me voir pendant que j’étais allongé sur un lit. Quel était son visage je ne sais plus, faut dire que j’étais encore un peu endormi. Je ne souffrais d’aucune maladie, j’avais déjà la grande forme petit. Mes parents me l’ont présenté simplement telle une amie de la famille. Quel âge j’avais, peut-être 4 ou 5 ans, peut-être plus, peut-être moins. Elle m’a regardé, je l’ai regardé pendant que mes parents me tenaient la main. Elle m’a demandé de rester sage, de ne pas m’inquiéter c’était bientôt la fin. Elle a récité quelques versets dont je ne comprenais pas du tout le sens. Elle a aussi rassuré mes parents quant à ma croissance, mon adolescence. Moi je l’ai surtout entendu parler de douleur et de convalescence, puis elle s’en est allée comme elle est venue, sans un bruit. Je ne me souviens pas avoir pleuré sans doute pour rester poli. Quant à mes parents ils étaient ravis alors que moi j’étais dans l’embarras. Leur fils est un musulman et ça se voit dorénavant, c’est surtout ça.
La religion est souvent revenue me voir par la suite, honorant ce contrat qui nous unit et qui l’oblige à s’assurer de ma bonne conduite. Sans cesse elle s’est immiscée pour me rappeler  mes différentes obligations. Faire honneur aux coutumes, respecter les traditions. Au début j’y mettais beaucoup d’application pour que mes parents ne soient pas mis en accusation. Malheureusement je n’ai pas tenu le rythme sautant rapidement quatre louanges sur cinq. Rien de grave voilà ce que je me répétais continuellement, pour me convaincre que quoi qu’il arrive, quoi que je fasse, le bien fini toujours par vaincre. Sauf que tout est mis en œuvre pour me rappeler systématiquement à l’ordre. Pourtant la Chahada, la Salat, la Zakât, le Saoum, le Hajj, tout ça c’est dans mes cordes. Mais j’ai voulu qu’elle admette que ce n’est pas chez moi qu’il y a du désordre. Chez moi l’amour de son prochain existe et s’applique quelque soit sa foi. Chez moi la vie de l’autre a toute son importance et peu importe en qui il croit. Chez moi le cœur demeure tolérant très naturellement, tout est dans l’éducation donné, l’éducation reçu, car rien ne se fait accidentellement. Du coup elle a essayé, en vain, de me faire voir le monde à l’envers. Elle m’a dit qu’avec une myopie et une déformation de la cornée j’échapperai à tout ce qui se passe sur Terre. Ça a marché quelques temps, d’ailleurs de sa part c’était même très astucieux, mais objectivement c’est impossible que tout ce qui se passe ici bas soit l’œuvre d’un dieu. Non car il ne peut sacrifier autant d’âme à des êtres aussi maléfiques.
Je ne connais pas Le Coran comme d’autres en sont boulimiques. Ma connaissance se limite à ce que j’ai appris à l’école coranique. Un apprentissage basé sur la récitation et la répétition. Une lecture du livre sacré sans aucune explication de texte,  sans aucune discussion. Alors je dis tant mieux car je refuse de m’en servir comme un parapluie là où d’autres s’en servent pour justifier leurs tueries. Je suis un simple musulman intégré à la vie, conscient du cadeau qu’on lui a offert. Pardon si je déçois quelques uns, mes sœurs, mon frère, mais si le paradis se mérite, qu’ai-je fais d’aussi horrible pour mériter l’enfer ?
La religion n’a pas cessé de me fixer des rendez-vous. Malheureusement à chacune de ses visites j’ai gardé comme un arrière gout. Elle repassera me voir, comme elle l’a toujours fait. Je répondrai présent même si elle refuse de me parler. Je m’appelle Mohamed… moi aussi…  suis-je un démon une bête ? Je ne devrais pas me poser cette question en fait. La peine que je ressens démontre à elle seule que je ne suis pas du coté obscur. Je ne veux pas attendre de vivre ce genre de drame pour savoir ce que cela procure. Elle passera peut-être me voir cette nuit, me reprocher ce que j’écris ce que je dis… Et bien qu’il en soit ainsi…

lundi 28 novembre 2011

LE CHEVALIER D'ORION

 




Y Dor koué ?                                            Il m’arrive parfois, au milieu d’une soirée, au milieu d’une nuit, silencieusement, pendant que d’autres font du bruit, de lever la tête vers le ciel pour regarder les étoiles qui scintillent. D’où viennent toutes ces lumières qui brillent ? J’imagine bien les années qui me séparent de leurs points d’origine, situés bien au-delà du soleil, bien plus loin que l’éclat magnifique de la lune. Dans toute cette immensité des formes se précisent peu à peu. Mes yeux se réjouissent devant tant de vies lumineuses. Chaque nuit les mêmes schémas qui se dessinent. Des alignements aux sens figurés  que les plus passionnés devinent. L’ami Philippe, lui, s’y connait bien plus que moi en astronomie. Mais comme moi il lui arrive de questionner la grandeur de l’infini. Comme moi, les pieds sur Terre, il a la tête dans les étoiles. Il a des notions en la matière, je suis admiratif, quoi de plus normal. C’est un doux rêveur, un être sincère qui croit en nous, en l’homme, en ce que l’univers peut regorger comme chromosome. Je ne vois que des points là où lui perçoit des personnages. Je m’étonne du spectacle offert quand lui s’émerveille et rend hommage. La nuit est si belle, les gens s’amusent dans la maison à l’unisson. Au dehors nous restons yeux ébahis vers le ciel et ses constellations. Et pour la première fois j’observe le Chevalier d’Orion, reconnaissable aux trois étoiles formant son ceinturon. Quelle est son histoire, quelle est sa plus grande gloire ? Faut sûrement être un adepte de la mythologie pour l’avoir en mémoire. La nuit se fait plus fraiche et le Chevalier d’Orion se déplace tout doucement. Bientôt il disparaitra de mon champ de vision sans un seul grincement, mais je saurai le retrouver maintenant c’est une certitude. Car dorénavant Le Chevalier d’Orion m’apparaitra sous toutes les latitudes…

jeudi 3 novembre 2011

FACILE A DIRE


Y Dor koué ?



Si tu devais ne plus me voir, penseras-tu encore à moi ? Serai-je pour toi un rêve ou un cauchemar si tu devais ne plus me voir. Je te connais, tu risques de ne pas t’en soucier, tu risques même de t’en amuser. Pourquoi en pleurer quand on se sait autant aimer. Mais il est temps que tu prennes conscience de ce qui se passe, de cette distance. S’il faut du temps j’aurai la patience. J’ai de la place, un vide immense que je comble en t’écoutant. Je me rends compte pourtant que c’est moi le plus inquiet. Je me sens si fragile et toi si forte en réalité. Tu questionnes ce que je fais de mes journées, comment je vis, si j’ai bien mangé. J’aimerai tant que malgré toutes les résistances, quoi qu’il se passe, quoi qu’on en pense, tu rejettes tous les doutes pour garder toute ton innocence. Si tu devais ne plus me voir, penseras-tu encore à moi ? Serai-je pour toi un rêve ou un cauchemar si tu devais ne plus me voir. Je te connais, tu risques de ne pas t’en soucier, tu risques même de t’en amuser. Pourquoi en pleurer quand on se sait autant aimer. C’est important dans nos silences de laisser une trace, en toute confiance. Un mot, une photo, un dessin peint du bout des doigts. Des traits pour les jambes et les bras. Un rond pour la tête et le ventre apparemment bien gras. Ça me fait toujours sourire. Je dirai même que ça fait vraiment plaisir. Ca fait très chaud au cœur, mais il me manque les cris, les couchers difficiles, les réveils trop faciles, les pleurs, les sauts d’humeur. Tu réalises sans doute ce qui se passe. Cette absence qui perdure sans que je puisse y faire face. T’as sûrement raison de me dire qu’il ne faut pas être triste. La vie est belle ça ne sert à rien de garder cet air sinistre. Cet air grave qui fait froncer les sourcils et qui s’adoucit devant tes petites phrases bien subtiles. Si tu devais ne plus me voir, penseras-tu encore à moi ? Oui j’en suis sûr cette fois. Je ne serai ni un rêve ni un cauchemar car je serai là dès que tu m’appelleras. Je n’ai plus à me soucier, tu m’aimes suffisamment pour ne plus avoir à en pleurer.

mercredi 3 août 2011

REUNION - PARIS EN ALLER SIMPLE

Y Dor koué ?

J’avais beaucoup d’ambition pour moi. J’avais surtout beaucoup d’ambition pour elle. Je me suis pourtant dis quelquefois, qu’elle m’en voudrait de ne pas la laisser voler par ses propres ailes. Je m’attendais à ce qu’elle parte, qu’elle s’en aille en me disant « mais laisse moi papa ». Qu’en future jeune femme indépendante elle se prenne même un appart. Qu’en rentrant je me rende compte qu’elle ne soit vraiment plus là. C’est la vie m’a dit un jour ma petite sœur chérie. On a beau tout planifier mais rien ne se passe comme prévu. Pourtant de voir ceux que j’aime partir je me croyais guéri. En fait, la vérité c’est qu’il n’y a pas de médicament contre les départs imprévus. Pas la peine de pleurnicher on n’est pas homme et père pour rien. Il faut savoir encaisser sans pour autant se faire remarquer. Elle a sûrement été surprise de ces décisions prises du jour au lendemain. Elle a juste en tête le bonheur suprême de pouvoir voyager. Prendre l’avion… Son sourire en dit long sur sa compréhension de la situation. La distance est loin d’être considérée comme une contrainte, elle est encore enfant et faudrait pas que je l’oubli dans ma quête de solution. Elle ne part pas, elle va juste en France dit-elle en guise de feinte. Elle ne veut pas m’inquiéter comme si les rôles étaient inversés. Je dois la rassurer mais de qui, de quoi, comment ? Elle est bien accompagnée voilà ce que je me dis pour ne pas trop tergiverser. Elle sera bien accueillie il ne peut pas en être autrement. Alors avant qu’elle ne s’en aille vivre autre chose ailleurs, je vais m’attacher à ne pas mettre de côté tout ce que je veux lui dire. Je lui raconterais ses rires, ses crises, ses caprices, ses pleurs, mais elle saura surtout que rien n’est plus dur que de ne pas la voir grandir…

samedi 16 juillet 2011

NOUVELLE DE MISS REUNION 2011



Y Dor koué ?



Yes yes yes, c’est le grand soir… enfin. Je vous explique les règles du jeu si vous voulez bien. 12 candidates, 12 demoiselles couleurs Réunion, qui vont nous faire le show de la plus belle des façons. Oulala, après les premières présentations, on a un semblant de premier classement ; Dans l’ordre je dirai Marie PAYET, Aude BISSERBE et Laurianne VALMONT. Hormis Aude BISSERBE, c’était déjà mon classement de départ. Elisabeth IDOUMBIN-MOUTIN a intérêt à assurer si elle veut finir sur le podium ce soir. Allez cafrine,  ce n’est que le début du spectacle, bouge ton body. C’est l’interview, alors cause comme il faut et surtout sourit. Laurianne VALMONT a stressé un peu mais rien d’alarmant. Sophie ZEGANADIN a oublié de mettre un point à son discours, trop chiant. « L’habit ne fait pas le moine » voilà ce qu’on va retenir de Elisabeth IDOUMBIN-MOUTIN. Aurelie HOAREAU a bafoué sa réponse, pas bien, mais alors vraiment pas bien. Ornella CHANE-PO a fait ce qu’il faut pour retenir l’attention. Hmmm, je crois qu’elle a gagné quelques places dans mon classement. Sandrine POUDROUX s’est exprimée mais je ne ferai aucun commentaire. Marie PAYET a valorisé la culture musicale réunionnaise, de quoi être fière. Aude BISSERBE s’est perdue dans ses pensées de femme créole, dommage car on va juste retenir qu’elle a été un peu trop mole ; Qu’en-est-il du classement après ce passage causerie. Je dirai que Marie PAYET reste la favorite. Pour les places d’honneurs, Ornella CHANE-PO se positionne clairement ; Le défilé en maillot de bain apportera beaucoup plus d’éclaircissement. Du rouge qui attire les yeux, c’est bon ça. Au milieu de ces corps en mouvance, un pot pourri, M. POKORA. Mais qu’on lui jette une tomate à la tronche, ça serait magnifique. De quelle prison s’est-il évadé pour venir nous infester de sa musique ?? Bon, ne nous laissons pas déconcentrer, y a les prétendantes au titre qui s’avancent. Elles sont en robe de soirée et là ça fait vraiment la différence. Marie PAYET est encore au top pendant que les autres tentent de rattraper leur retard. Ornella CHANE-PO grignote le sien telle une super star. Assurément je la mets parmi les 5 qui vont finir la soirée. A 21h05 mon classement est donc le suivant : bien sûr Marie PAYET. Avec elle, Ornella CHANE-PO, Laurianne VALMONT, Elisabeth IDOUMBIN-MOUTIN et Ophélie SOMMER. A 21h08, le choix du Jury et du public est le même que le mien sans l’avant dernière. A sa place c’est Aude BISSERBE qui a été choisit. Rien de grave je suis encore dans la course quant au trio gagnant de cette nuit. Car au final le titre se jouera entre Marie PAYET, Laurianne VALMONT et Ornella CHANE-PO. Les autres peuvent déjà aller se rhabiller car elles ne feront pas de vieux os. D’ailleurs je boucle là mon article car je suis sûr de la décision à venir. La Miss Réunion sera Marie PAYET. Les dauphines seront Ornella et Laurianne sauf si elles me font mentir. Le public réunionnais est seul juge pour 100% des votes, mais je sais que ce trio aura largement la cote. Narvusa l’année prochaine…

mardi 21 juin 2011

LE TEMPS PERDU


Y Dor koué ?


Tout est question d’organisation on m’avait dit un jour. Il faut mettre de l’ordre même si pour ça il faut faire preuve de bravoure. Ne rien laisser au hasard, s’assurer que tout est bien calé. Chaque chose à sa place comme dans un disque dur fraichement installé. Éviter qu’un intrus vienne vous faire admettre tout imprévu, ne pas se faire avoir sinon c’est la perte d’énergie, la bévue. Le temps nous entraine sans qu’on puisse l’arrêter. Impossible de s’y soustraire sans rien regretter. L’oubli s’active à se faire accepter dans cet espace brillamment ficelé. Les regards se portent ailleurs plutôt que sur l’essentiel, la vérité. Une vérité qu’on peine à voir car trop épris par des projets bien ambitieux. Tout est là pourtant, à portée de main et prendre ne ferait que rendre heureux. Rester simple, juste rester simple, pourquoi chercher à faire plus. S’aventurer dans autant de chemin ne peut apporter le bonheur absolu. L’important est là sous des yeux admiratifs. Arriver à voir ce qui est donné sans retenue, rester attentif. Arriver à prendre ce qui est partagé par les mots, par les gestes, tous ces moments délaissés quand il aurait fallu les enlacer sans conteste. Tout est question d’organisation on me l’avait dit un jour ; Je ne sais plus qui, je ne sais plus quand, d’ailleurs quelle valeur a ce discours. Vivre l’instant présent en se souciant de ces attentions. Laisser le temps suivre son cours en ayant qu’une unique intention, savourer chaque minute passée sans se retourner vers ces futilités. Prendre le temps d’être avec la personne qui vous aime en toute fidélité…

mercredi 1 juin 2011

MISS REUNION 2011




Y Dor koué ?

Oulala, j’entends déjà les critiques et autres encouragements fusés. Les encouragements bien entendu, viendront des familles fières de leur fille bien aimée. Les critiques comme chaque année viendront des autres, des gens comme vous et moi. Les filles sélectionnées on va les scruter à la loupe de haut en bas. Elles ont intérêt à bien se raser les dessous de bras parce qu’on ne va rien rater. Et si il reste quelques boutons maléfiques sur le visage, un conseil faites péter. Antenne Réunion vient de dévoiler les 12 candidates en lice pour le titre de Miss Réunion. Un titre extrêmement convoité si j’en crois le nombre de filles venues aux présélections. Malheureusement ou heureusement il n’y a que 12 qui défileront devant le jury. 12 belles plantes sur pieds qui vont essayer de charmer un public encore indécis. Tout le monde a sa petite idée de qui va être la Miss Réunion. On a nos critères de beautés pour choisir celle qui bénéficiera du billet d’avion. Un vol direct vers la Métropole pour représenter son île au mois de décembre prochain. Depuis Valérie BEGUE la Réunion n’a pas eu accès au tableau final. De belles prestations mais rien qui nous mène jusqu’au bout du spectacle. Comme chaque année je vais vous lister mon trio gagnant. En 2ème dauphine la candidate numéro une Laurianne Valmont. En 1ère dauphine la candidate numéro 4 Elisabeth Idoumbin-Moutin. En tout cas entre la 1ère et 2ème dauphine ça va se jouer à un petit rien. Et la grande gagnante de l’élection Miss Réunion 2011, celle qui va tout rafler, c’est la candidate numéro 11, Marie PAYET. Pour les autres je crois qu’il va falloir prendre rendez vous pour un autre casting…

dimanche 29 mai 2011

DISPARAITRE A LA POSTE


Y Dor koué ?

A la Poste il règne un air de déjà vu. Une ambiance habituelle, une manière de travailler bien connue. A la Poste le client n’est pas un roi. De toute façon s’il est là c’est qu’il n’a vraiment pas le choix. Personne n’y est par envie ou parce qu’il a du temps à perdre. S’y rendre relève plus de l’obligation, la tuile énorme, la grosse merde. Et quand on y est c’est comme une maison qu’on connait comme sa poche. On sait où trouver chaque meuble, pas très beau et les guichetières, très moches. A la Poste on ne peut pas dire qu’il n’y a pas de personnel. Si, si, il y en a, il y en a même à la pelle. En fait ils sont tellement nombreux qu’ils ne savent plus quoi faire. En tout cas ils ne font pas ce qu’il faut pour satisfaire le client en colère. Venir à la Poste c’est accepter l’idée de faire la queue longtemps, très longtemps. Je vous conseille de dire au revoir, voire même adieu à votre famille, vos enfants. Prévoyez une bonne barquette à manger et de l’eau, beaucoup d’eau. Prévoyez même une chaise ou un lit surtout s’il est transportable de dos. La lampe de poche est justifiée au cas où la nuit venait à tomber. Mais pas trop d’inquiétude à ce niveau, la Poste est suffisamment éclairée. Si vous ne craignez pas de rester debout c’est parfait, soyez juste patient, un jour ou l’autre vous finirez par avancer. Pas la peine de vous mettre en colère ça ne règlera pas le problème. D’ailleurs la Poste n’à que faire de vos jérémiades alors restez zen. Ils sont capables de se mettre en pose quand arrivera votre tour. Le postier est rancunier et il sait que vous reviendrez un jour. Enfin si déjà vous sortez vivant de cette expédition. Ça fait 4 ans que je ne retrouve plus mon chat. J’ai cru qu’on me l’avait enlevé pendant que je regardais Koh-Lanta, mais je sais maintenant qu’il doit être égaré dans une Poste du quartier. J’irai bien le chercher mais à la Poste j’ose même plus y mettre les pieds. Point positif c’est aussi à la Poste qu’on retrouve ses vieux amis. Des amis qu’on croyait perdus mais qui en fait font la queue depuis des décennies. Alors on en profite, on se raconte nos petites histoires d’antan, quand on embêtait les gens avec nos conneries d’enfants. On se raconte ce que l’on est devenu depuis tout ce temps. Comment nous, on a réussis à aller de l’avant, et pourquoi d’autres ont pu finir en prison. La Poste c’est vraiment l’endroit rêvé pour se perdre dans ses pensées. Il arrive qu’on se rappelle du pourquoi on s’est déplacé. Un timbre, un mandat cash, un coli à récupéré, ou peut-être une lettre en recommandée. Mais s’en souvenir ne veut pas dire que vous allez avancer. Celui qui est juste devant, vous a déjà souhaité deux fois la bonne année. Car c’est ça la dure réalité, on est à la Poste les gars et on n’est pas prêt d’en réchapper

samedi 21 mai 2011

LA FÊTE A MAMAN


Y Dor koué ?

Comme chaque année on va fêter les mères. Oui d’abord les mères, ensuite seulement viendra la fête des pères. La parité aurait sans doute voulue qu’on les célèbre tous deux ensemble, mais pour rien au monde on aimerait que l’homme et la femme se ressemblent. La nature est ainsi faite, l’homme offre les cadeaux, la femme les reçoit. De tout temps de toute façon on a toujours fêté la mère comme il se doit. La mienne j’ai tardé, trop tardé à lui offrir de superbes bouquets de fleurs. Elle aurait aimé je le sais. Elle aurait aimé que je lui fasse un petit achat avec mon argent économisé. Elle aurait aimé n’importe quel cadeau car elle n’est pas difficile ma mère. Elle a suffisamment galéré pour ne pas réclamer des présents d’hommes d’affaires. Sauf que moi mes cadeaux à moi c’était sueur froide et bien souvent des cris de douleurs, quand ce n’était pas des pleurs parce que j’étais l’image même de la déception. Un fils ingrat qui préférait la rue à la vie de famille à la maison. Pas évident d’y rester quand les potes vous interpellent façon « y Dor koué ? Alors tu descends ». C’est comme à l’armée, quand on vous appelle il faut répondre présent. Jouer à la bonne marmaille ça donnait plus mauvaise réputation. Honte sur toi surtout si ta mère crie ton petit nom par le balcon. Alors sitôt descendu on courrait vite sur le terrain du collège, parce que très vite nos mères étaient tentées de nous prendre au piège. Mes sœurs, alors en école primaire, se chargeaient loyalement de faire le nécessaire. Quelques beaux dessins et autres poésies ramenés faisaient largement l’affaire. Mon frère lui avait mieux à faire que de soucier de la fête des mères, parce que tout comme moi il en voulait à la Terre entière. On s’est bien défoulé depuis, c’est bon on s’est dégagé de toute notre colère. On a pris quelques années supplémentaires, on a vieilli, on s’est assagi, mais une seule évidence, notre mère est restée aimante pour mes sœurs, pour moi, pour lui. Un amour unique et grandissant qu’elle a maintenu pour tous ses enfants. Un amour qu’elle a su donner et partager sans réclamer le moindre franc. J’ai beaucoup de regret et bizarrement elle ne m’en veut pas. J’aimerai rattraper toutes ces journées perdues, lui dire pardon pour ne pas avoir été là. Absent quand il fallait juste lui dire bonne fête maman. Autant d’absence qu’elle a su excuser chaque jour, chaque année durant. Pas de petits mots signés comme dans un carnet de liaison. Que des gestes d’attentions au dehors comme à la maison. Elle est venue, je l’ai vue et j’ai rien compris c’est ça le problème. Alors avant que la vie ne me fasse son tour de magie je veux dire à ma mère oh combien je l’aime. Bonne fête à vous les mamans et bonne et heureuse fête à la mienne…

jeudi 5 mai 2011

DU RÊVE AU DELIRE


Y Dor koué ?

Ayé, tout le monde est à sa place, le décor est planté. Samedi c’est soir de match, rien n’est laissé au hasard, tout est calé. Musique d’ambiance pour chauffer la salle pendant que le MC rappelle les informations générales. Le rouge et le blanc vont s’unir 2h durant pour satisfaire un corps arbitral extrêmement exigeant. Les fautes on les connait par cœur, et faire de la prison ne nous fait pas peur. On est aguerri, entrainé à évoluer en toutes situations. On est déjà au taqué, prêt à jouer sans aucune hésitation. Il n’y aura aucun retard de jeu de signalé, ça va déchirer tellement on est motivé. Ceux qui n’auront pas réservé regretteront d’avoir manqué cette soirée. Début du match, le thème est donné d’une catégorie libre, d’une durée de 5mn et d’un nombre de joueur illimité. L’improvisation est mixte c’est l’arbitre qui l’a décidé. Elle aurait pu être comparée mais c’est son choix et on ne va pas discuter. En 20 secondes c’est adopté, on a une idée du plan de jeu. Au coup de sifflet on est ensemble dans la patinoire, notre aire de jeu ; Elle entre avec une posture, une intonation de voix, qui marquent déjà son personnage. Ma gestualité lui renvoi une image, elle lit mon émotion sur mon visage ; On se regarde l’air de pas se voir, on est en accord sur l’action à mener. Le cadre est tout trouvé, on va se la jouer dramatique, un choix du cœur par amour pour cette thématique. Pas de mauvais gout dans nos commentaires. Chaque geste respectera le cadre règlementaire.
Elle en a rêvé toute la nuit, toutes ces nuits, des nuits entières à se voir championne de Ste-Marie. La danse classique c’est tout ce qu’elle a voulu faire. Elle a tout sacrifié pour se faire une belle carrière. En face d’elle je suis le candidat pressentie au titre suprême. J’ai beaucoup d’ambition, je me défini même comme un danseur de l’extrême. Je suis loin d’être modeste, bien au contraire j’annonce même ma prochaine réussite. Elle, confiante en ses qualités, se présente devant un jury au regard noir l’air pessimiste. Elle s’est préparée depuis si longtemps à répéter ses gammes qu’elle s’oblige à rester concentrer, à garder la flamme. En attendant, sur un autre tableau, je patiente en coulisse à me pavaner devant des dames. Je suis sûr de moi, j’ai déjà la tête à la fête qui suivra. Elle s’élance dans sa prestation que je regarde d’un œil narquois. Le jury reste attentif à la justesse de sa chorégraphie. Elle ne commet aucune erreur, c’était déjà son premier défi. Elle peut espérer intégrer l’Académie, envisager son avenir différemment. Elle n’aurait plus à subir les moqueries d’un ami qui ce soir est d’ailleurs absent. A mon tour je me présente devant un jury impassible face à mon air fier. Cette place à l’Académie est pour moi je n’ai pas à m’en faire. Je m’avance avec assurance pendant qu’elle guette de ma part un décrochage. Mon jeu de jambe peut faire preuve de rudesse mais je reste élégant tel un danseur sur un nuage. Mon aisance provoque chez elle de la rage d’autant que des applaudissements viennent clôturer mon passage. Je me vois déjà signer le contrat tant attendu. Dans mon clan c’est l’euphorie et j’imagine que pour elle c’est le coup de massue. Après avoir délibérer longuement le jury convoque les candidats ; Elle se présente tremblante, presque sans voix. Pour ma part j’ai déjà diffusé ma victoire écrasante dans tous les médias. Le jury annonce leur sélection pendant que l’on se regarde. Elle tombe alors à genou en pleure, elle s’effondre. Je reste debout presque ahuri, les yeux dans le vide, pensif. Elle se relève tout doucement, fixant le jury qui a tranché dans le vif. En 10 secondes, elle leur dit merci et s’en retourne en coulisse. Je comprends alors péniblement que j’ai perdu ma place à l’Académie au bénéfice d’une Miss. Inacceptable je me dis, et c’est honteux que je regagne mon camp pendant qu’elle se délecte de ce contrat qui récompense ses années d’entrainements.
Le point sera rouge ou blanc ce n’est pas très important. Du rêve au délire, du délire au rêve il n’y a qu’un pas qu’un groupe d’ami franchit continuellement. L’impro ce n’est pas toute notre vie. Ça reste notre plaisir partagé avec envie chaque lundi. Les catégories vont s’enchainer encore et encore, nous donnant l’occasion de démontrer que l’impro c’est l’alliance de l’esprit et du corps. Le public nombreux, sera conquis comme à l’accoutumé. Il n’en a pas toujours été ainsi à nos débuts à St-André. Tout le monde est à sa place, le décor reste planté. C’est la fin du match et on est content pour les étoilés. Du rêve au délire, du délire au rêve il n’y a qu’un pas. Je ne sais pas pour vous mais moi j’y vais de ce pas…

mercredi 4 mai 2011

A LA CROISEE DES CHEMINS


Y Dor koué ?

Ayé, à la croisée des chemins il se passe bien des choses surtout la nuit. Dans le noir étoilé il y en a qui profite du sommeil des autres pour agir sans bruit. Tels des ninjas ils se faufilent rapidement entre les buissons. Il faut être discret, ne pas se faire remarquer pour mener à bien sa mission. Tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins. La cible ne se doute de rien, il dort avec les siens. Il est loin d’imaginer ce qui l’attend demain à la croisée des chemins.
La croisée des chemins est un lieu diabolique en tous cas pour certains. Là où on y voit que faits maléfiques, eux y voient le moyen de changer le cours d’un destin. L’idée est toute simple, faire en sorte que tous se sentent concernés. Et ça marche car l’être humain reste faible qu’il soit croyant ou athée. Personne n’ose rouler par-dessus cette préparation trop souvent attribuée aux malbars. Une préparation à base de fruits pourris et d’os de poules noires. Un démoniaque mélange délicatement laissé à vue à la croisée des chemins.
La croisée des chemins c’est apparemment là que se retrouvent les dieux. Moi je dirais qu’elle attire tous les démons des cieux, mais à dire cela je risque de me récupérer un cadeau au bout de ma rue. La crainte de l’inconnu engendre des comportements très inattendus. C’est sans doute pour cela qu’il y en a qui passe leurs nuits à surveiller de leur balcon. Ils sont aux aguets, cachés derrière leurs rideaux à jouer les espions. Ils observent le moindre mouvement de leur maison à la croisée des chemins.
La croisée des chemins est un passage obligé. Le petit sorcier made in Réunion croit dur comme fer que son ennemi viendra à y passer. Le sortilège fera alors son petit effet sur le pauvre malheureux. Il va être envouté, pris au piège pour avoir regardé une volaille ensorcelée dans les yeux. Il va subir la colère impitoyable de la déesse « Chiasse ». La chance va l’abandonner à moins qu’il se rende à la chapelle d’en face. Sa guérison dépendra du sachet alimentaire qu’il devra déposer à la croisée des chemins.
A la croisée des chemins il y a ceux qui viennent pour punir. Mais si on regarde bien on verra aussi ceux qui viennent pour se repentir. Le malheur des uns doit absolument faire le malheur des autres. Si je suis dans la merde c’est sûrement de sa faute. Peu importe pourquoi et comment ça ne peut pas être autrement. Quelle souffrance quand je vois autant de vie chez mon voisin. Qu’il savoure en silence, cette nuit je lui exprimerai ce que je pense à la croisée des chemins

jeudi 21 avril 2011

QUE DIEU TE PARDONNE


Y Dor koué ?

Ayé, après 11 jours d’audience le verdict est enfin tombé. Juliano VERBARD a prit 9 ans et selon Alexandre ce n’est pas cher payé. Au cumul des condamnations ce gars là aura pour résidence principale une prison, mais dommage pour lui il ne pourra pas avoir qui il veut dans son salon. D’ailleurs le service pénitencier ne lui laissera pas le choix de ses colocataires. Ses geôliers vont même se faire le plaisir de lui caler des visites aux heures de prières. Il doit maudire le jour où il a cru voir la vierge dans la fumée du joint qu’il tirait. Casanova AGAMEMNON lui-même ne serait pas allé à de telles visions insensées. Lui au moins il a tenu son rang, il a fait honneur à sa réputation, il est resté au premier plan sans aller jusqu’à baisser son pantalon. Juliano VERBARD a voulu se la jouer grand bandit et résultat il va croupir en prison pour la vie. Les jurés l’ont désigné coupable avec quelques uns de ses compères. Tant pis pour lui, il avait qu’à être athée ça lui aurait évité ce type de galère. Il a fait beaucoup de mal et c’est normal qu’il paie pour ses crimes. Et s’il pense avoir été élevé au rang de star faut qu’il sache qu’il ne mérite pas qu’on l’honore avec un film. On a suffisamment écrit sur lui faut qu’on passe à d’autres sujets de discussion. Tiens, le thème « les réunionnais assistés » attise déjà beaucoup les passions. Allez salut Juliano, bon courage et rendez vous dans 30 ans. Profites en pour te repentir et embrasse Marie pour moi si tu la vois pour de bon…

mardi 12 avril 2011

RECHERCHE MAISON


Y Dor koué ?

Ayé, c’est fou comment des propriétaires peuvent louer chers leurs taudis. Nichés dans des zones à risques infestés de moustiques les maisons sont hors de prix. Même avec une aide au logement y a pas moyen que j’y mette un doigt de pied. De toute façon l’État me refuse tout aide sous prétexte que je me lève tous les matins pour aller travailler. Après y en a qui sont pas mal mais pas mal du tout, mais si c’est pour crécher tout près des nuages je ne suis pas d’accord du tout. J’aurai l’air frais c’est sûr et le climat idéal pour rester sous ma couette. Et quand je serai debout j’irai à la chasse me faire quelques bêtes. Je ramènerai quelques tangs, peut-être si je m’y prends bien. Au pire je me ferai quelques chats ça passera en civet vu sa ressemblance avec le lapin. Mais pour l’instant la vie civile et citadine ne me dérange pas. Alors cette maison j’aimerai qu’elle se situe sur le littoral, dans les bas. Je ne vise pas le grand luxe, juste un peu, à peine, juste de quoi me donner envie d’y rester, juste une maison que j’aime. Qui n’a pas 50 marches d’escaliers entre le salon et la chambre du 3ème, qui n’a pas une forêt de bambous qui lui enlève toute la lumière du soleil, qui n’a pas un jardin entretenu par une taupe et des milliers de sauterelles, qui n’a pas la même porte d’entrée et de sortie que la mère du propriétaire, qui n’a pas la jungle en point de vue quand on vous promet de voir la mer. Bref une maison toute simple où je pourrais poser mes fesses en soupirant de plaisir. En même temps ce n’est que le début des investigations dans cette volonté de partir. Le préavis est prêt à prendre la direction de la poste quelque soit le délai à respecter. 3 mois, 2 mois, 1 mois ce n’est pas un problème je serai ailleurs d’ici juillet. J’invite mes camarades à se rapprocher de moi et peu importe leur musculature. Même montés comme un « boi bichète » chez moi vous aurez toujours fière allure. Y aura de tout à porter, du stylo à plume au frigo. Je laisse les plumes pour les femmes et tout le reste aux hommes bien costauds. J’offre à boire et à manger, enfin pas trop non plus, parce qu’à trop boire et manger y en a qui rapidement n’auront plus de jus. En attendant si vous entendez parler d’une maison à louer, faites moi signe ou sinon soyez gentil, laissez moi vos coordonnées. Je me ferai un réel plaisir de vous écrire ou de vous appeler…

samedi 9 avril 2011

LE PARDON DE JULIANO VERBARD



Y Dor koué ?


Ayé, on reparle à nouveau de Juliano VERBARD et ses acolytes. On le pensait en train de pourrir dans une prison avec les mouches et les mites, et voilà qu’il est encore au devant de la scène avec cette histoire d’enlèvement. Toutes les chaines locales en parlent avec images et témoignages poignants. Juliano VERBARD est devenu au fil du temps le réunionnais le plus connu de l’île. Ce cafre typé malbar fait la une des journaux de face comme de profil. La prison ne l’a pas beaucoup changé niveau physique. Il a toujours la tête des mauvais jours à faire fuir n’importe quel moustique. C’est sûr que lui le chikungunya il n’est pas prêt de l’attraper. On attend qu’il reconnaisse ses fautes, avoue ses erreurs du passé, admette qu’il est bien celui qui a commandité l’enlèvement du petit Alexandre. Ça fait beaucoup pour un gourou qui a l’appui éternel de toute sa bande. 15 adeptes du Petit lys d’amour, 15 fidèles qui croient en lui dur comme fer. Des croyants qui ont vu en lui leur guide spirituel, leur père. Aucune raison de croire donc que les choses vont inquiéter le célèbre Juliano VERBARD. Et là, patraque, le charismatique Petit Lys d’amour surprend tous ceux qui sont venus le voir. Il demande pardon… il demande pardon… Mais il prend les gens vraiment pour des cons ? Lui qu’on croyait indestructible, ancré dans ses délires de vision de la Vierge, il craque à peine au bout de 5 jours d’audience comme une petite merde. Qu’est ce qu’il a à demander pardon aux victimes de ses conneries. Hein, qu’est ce qu’il a à se rabaisser alors qu’on attend tellement de lui. En fait Juliano VERBARD n’est rien du grand bandit qu’on croit. Comme un chien galeux il baisse la queue dès qu’on élève la voix. Il n’y a qu’avec Fabrice MICHEL qu’il a pu se dresser droit comme un I. Il n’y a en effet qu’avec lui qu’il a dû montrer c’est qui l’homme dans le lit. Il reste encore 10 jours avant la fin de cette mascarade. Il reste encore 10 jours et quelle va être la réaction de ses camarades ? Eux aussi vont se mettre à genou dans la salle du palais de justice. Ils vont réclamer l’indulgence de la cours pour éviter les pires supplices. La secte « Cœur douloureux et Immaculés de Marie » vient de perdre de son prestige. Dès le jugement tombé elle fera même parti d’un insignifiant vestige. Autant de bruit pour se rendre compte que Juliano VERBARD n’est qu’un petit ridicule. On l’a porté si haut que c’est grâce à nous qu’il a réussi à péter plus haut que son cul. Aujourd’hui il n’y a plus que dans le JIR qu’il tire la couverture à lui. Le Qotidien l’a déjà mis dans un encart sur le côté en attendant lundi. D’ici là ce sera peut-être Alexandre et sa famille qui demanderont pardon. Heuu, non ça, ça n’est- pas envisageable quoi que drôle si ça arrivait pourtant. Mais bon je compte sur LM pour nous retracer le déroulé de ce qui se passe au tribunal. Quant à Juliano VERBARD c’est une déception totale. Alors qu’on le condamne à la peine maximum parce que c’est tout ce qu’il mérite. Qu’il aille se faire déchirer le « ti po yaourt », lui et toute sa clique. Et qu’on arrête de nous parler du Petit Lys d’amour ce détraqué de la religion, incapable de tenir son rang jusqu’au bout avec son misérable « pardon ». Alexandre attendait sans doute cela mais je n’en suis pas si sûr. On ne fait pas autant de km en avion pour se contenter de voir Juliano VERBARD faire son joli cœur quand il est dos au mur. Ce qui est sûr c’est que bientôt c’est plus que le mur qu’il aura dans le dos. Pour de nombreuses années il se verra étiqueter un quelconque numéro qui fera de lui un prisonnier comme les autres à moins… à moins qu’on lui fasse la peau…

samedi 2 avril 2011

UNE MERE A OUBLIER


Y Dor koué ? Ayé, j’ai besoin d’amour, j’ai besoin de ma mère. J’ai surtout besoin de l’amour de ma mère. Je n’ai pas encore atteint l’âge adulte et on veut m’amener de force dans ce monde que j’insulte. J’avais une mère, une femme que j’ai vue aimante. Elle me prenait dans ses bras telle une mère bienveillante. Vaillante et fidèle c’était pour moi la mère modèle. Je ne pouvais imaginer femme plus belle qu’elle, alors pourquoi est-elle partie comme ça du jour au lendemain, sans un mot, sans explication en me laissant sur ma faim. Je m’en veux de ce départ, je me reproche de ne pas avoir été à la hauteur. Je me dis que tôt ou tard elle reviendra me rassurer, m’enlever toutes mes peurs. Aujourd’hui je grandis dans une famille qui n’est pas la mienne. Une famille aux habitudes contraignantes qu’on me demande de faire mienne. J’ai tout ce que je veux, j’ai droit à tous les plaisirs. Pour me faire une place on satisfait le moindre de mes désirs. Je n’ai rien demandé à part d’être aimer. Ma mère me manque et j’ai beau la réclamer, c’est une autre femme qui me câline avant de me coucher. Je ne peux pas lui en vouloir, elle fait au mieux c’est clair. Au clair de la lune j’espère qu’on puisse exhausser mes prières. J’ai juste envie que ma mère me revienne, qu’elle m’enlace comme avant, qu’elle me retienne. Je bascule parfois dans une colère noire quand les autres me traitent d’enfant bâtard. Je me contiens mais qu’est ce qu’il m’arrive. On me parle d’aller voir un psy, d’aller consulter un spécialiste. Tout ça parce qu’ils m’ont vu m’isoler l’air triste. Je ne suis pas fou, non je ne perds pas la raison. Ai-je raison ou tord de croire qu’ici ce n’est pas ma maison ; Je rêve de rentrer chez moi, je rêve de repartir d’où je viens. J’en ai marre de ces gens qui me reprochent mes va et vient. Ma mère est là dehors, pas loin je le sens je le sais. On m’a parlé d’elle, on m’a dit où elle habitait. Une case en bois sous tôle sans eau ni lumière. Elle aurait refait sa vie avec un homme, un ancien ami de mon frère. J’irai bien lui rendre visite mais pense t’elle encore à moi. Me reconnaîtra-t-elle quand elle entendra le son de ma voix. Je n’ose y croire, elle est partie depuis si longtemps. De toute façon comment peut-il en être autrement. Elle a appris à aimer d’autres personnes d’autres enfants. Moi son propre enfant je fais parti de ses erreurs d’adolescentes. C’est quoi l’amour d’une mère je ne le sais même plus. Mais maintenant je m’en fou, l’amour moi je l’apprends dans la rue. Si demain ma mère s’avisait de vouloir me retrouver, je lui dirais juste que je l’aime et je l’aimerai tant que j’arriverai à l’oublier…

dimanche 27 mars 2011

HYUNDAI, HYUNDAI NOUS ENC...


Y Dor koué ? Aye, les concessionnaires ne sont plus ce qu’elles étaient. Impossible de leur faire confiance c’est surtout ça la vérité. A Hyundai par exemple, celui qui se situe tout près du journal « le Quotidien », et bien eux ils prennent vraiment les gens pour des moins que rien. Je ne vais pas citer de nom même si l’envie me démange, mais ces imbéciles méritent que je leur fouette le dos pendant mes repos du dimanche. Pourtant tout avait bien commencé avec ce vendeur à la langue bien pendante. Il a dit tellement de chose que je n’ai retenu que sa chemise rose et son jean moulant. Il se la jouait bavard genre je sais tout, faites moi confiance. Il avait l’air de s’y connaitre c’est sans doute ce qui fait que j’ai manqué de vigilance. Pourtant plein de signaux aurait dû m’alerter. Il a su m’endormir avec ces explications techniques à peine maitrisées. Mais putain qu’il causait cet enculé de grand con. J’aurai aimé qu’il se taise qu’il ferme sa grande gueule pour de bon. Mais bon il faisait son travail, un travail où il faut vendre à tout prix. Un travail où on est embauché à condition d’avoir un CV qui précise qu’on sait mentir. A Hyundai Ste-Clotilde le mensonge fait parti du bagage du commercial, du bon vendeur. Le summum serait même de venir dans la boite sans vraiment avoir de cœur. Car du cœur il ne faut pas en avoir pour vendre aussi chère une voiture aux multiples défaillances. Du cœur il ne faut pas en avoir pour refuser d’admettre que c’est abusé des gens, de leur confiance. Oui je sais c’est le métier qui veut ça. J’ai bien compris que dans ce milieu le client n’est pas le roi. Parce que si c’était le cas, le chef de fil de cette bande de comique aurait envoyé sa bande de comédien ambulant travaillé dans un cirque. Au lieu de cela il est là à justifier leurs bêtises, leur dangerosité. Le big boss plus big que boss reçoit ses clients dans son bureau climatisé. Au courant que sa boite a vendu une voiture ridiculement soumise à des incessants problèmes, il refuse tout geste commercial alors qu’il est au sommet de la chaine. En d’autres temps, en d’autres lieux je lui aurai mis un bon « taba dan sa guèl », mais on m’a appris à être plus diplomate, à mettre du sucre dans mon miel. Le patron de Hyundai Ste-Clotilde n’est pas celui qu’on croit. En tout cas pour se défiler il n’hésite pas à pointer ses employés du doigt. Les traitants d’incompétents, d’intérimaires qui ne seront pas maintenus en fonction. Il les fustige bien comme il faut, c’est tellement si simple quand on est le patron. Ce patron soulier vernis, avare de solutions au bénéfice de ses clients, n’a pas compris qu’on ne va pas lui lâcher la grappe aussi facilement. J’espère qu’il les a bien accrochés parce que ça va péter. Ça n’ira pas jusqu’à lui mélanger le blanc au jaune mais qui sait. À ce qu’il parait les bons comptes font les bons amis, alors si ce troubadour veut ne pas se faire encore plus d’ennemi, va falloir qu’il assure le service pour lequel il a été payé. On ne lui demande pas la lune juste une voiture clean et prête à rouler. Si l’envie vous prend de vouloir vous acheter un véhicule, évitez Hyundai Ste-Clotilde où le slogan n’est autre que : You and I vous encule…

jeudi 24 mars 2011

LE RÊVE EST PERMIS


Y Dor koué ?

Ayé, je vais faire travailler mon imagination. Longtemps resté sur la touche je compte bien prendre une place en pole position. Je ne veux doubler personne, loin de moi cette idée. Mais qu’est ce qu’il est bon d’être au moins une fois premier. La lune me guette chaque soir en me demandant ce que je fais. Elle m’éblouit de toute sa splendeur en espérant de moi une réponse, mais je me fous de son éclat, je fuis, je fonce, la tête pleine d’idée, la tête remplie de mystère à élucider, bien décider à donner corps et vie à une image avant le dernier coup de sifflet. Les dés sont jetés je le sais et j’espère encore tirer un six. Si je peux je veillerai même à être moins indécis. Hum hum, je fais quoi, j’y vais j’y vais pas ? Passablement sans voix je tente de ne pas me bruler les doigts. La flamme se fait de plus en plus chaude, je tente une approche tel un chat aux aguets, qui rode. J’y vais doucement, presque au ralenti. Chuuuuuuut, je me dis, il ne faut pas faire de bruit. Mon imagination me joue parfois des tours, je pourrais mettre ça sur le compte de la nuit mais il fait presque jour. J’entends sans voir, je goutte sans toucher. Le prix à payer est déjà fixé. Les mots se veulent rassurant, mais le manque à gagner est trop important. A ce rythme moi aussi je vire au rouge flamboyant. Pas de colère exprimée, juste une manière d’exposer un ressentiment. A ce qu’il parait, l’appétit vient en mangeant. Je découvre une nouvelle saveur au parfum très alléchant, un mets délicat et fragile qui aiguise les sens. Sensiblement amer et doux à faire sortir n’importe quel damné de son silence. Mon imagination s’autorise un vol plané dans toutes les directions. L’atterrissage n’est pas encore confirmé selon le pilote de l’avion. Il faut profiter de ce ciel toujours aussi clément, qui n’a de place pour aucun nuage, même les plus blancs. J’entends la voix d’une sirène ou est ce encore mon imagination ? Je perçois une ombre, une forme en pleine évolution. Face à elle, je compte bien l’amener à donner réponse à ma question.

dimanche 20 mars 2011

TSUNAMI


Y Dor koué ?

Ayé, hier encore je me rendais au boulot l’esprit tranquille. 20 mn de trajet en voiture pour traverser 3 petites villes. Il fait beau, joli ciel bleu qui annonce une belle journée. Il fait chaud certes mais après tout on est en été. 38° à l’ombre dès 10h le matin, obligé de rouler la clim à fond, et malgré ça t’as de la sueur qui te dégouline du front. Pour passer le temps j’écoute la radio constamment branché info. L’actualité locale toujours peu réjouissante avec fait divers à gogo, et là d’un coup on te parle d’ailleurs, d’un pays que tu ne connais qu’en photo. Tremblement de terre et tsunami voilà les mots qui sortent de mon autoradio. Au même moment j’arrive au boulot et personne n’est au courant. Ils sont dans leur quotidien à peine si mes collègues m’entendent. L’info est mise aux oubliettes parce qu’il ne faut plus perdre de temps. Faut faire avancer les dossiers on reparlera du Japon plus tard. En fait on ne reparle pas du Japon, à part quand je rentre chez moi le soir. La télé me donne une idée plus précise du drame qui s’est joué. Pas de commentaire à faire je ne fais que regarder, écouter. Regarder ces gens apeurés qui tiennent à peine debout. Écouter ces journalistes qui racontent comment tout tombe de partout, jusqu’à cette vague noire dévastatrice et là c’est… silence. Scotché devant la télé je me dis que ceux qui s’en sortent auront de la chance. Qu’est ce qu’il y a à faire face à autant de déchainement ? Rien à part constater les dégâts et s’occuper des survivants. On est bien loin de tout ça ici à La Réunion, enfin c’est ce qu’on se dit. Qu’en sera-t-il de si l’on devait connaitre un tsunami ? Je crois que le prix de l’immobilier sur le littoral risque de chuter et la route en Corniche sera une bonne fois pour toute balayée. Et je ne vous parle pas de nos plages qui ont déjà tendance à disparaitre. Voyez les Roches Noires mais apparemment personne ne s’en inquiète. Tant pis, ce qui se passe dans le monde ne nous servira jamais de leçon. En même temps, la Réunion ne connaitra sans doute jamais ce qui se passe au Japon