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samedi 19 février 2011

TÔT OU TARD


Y Dor koué ?

Ayé, il est temps de penser à l’avenir. Il est grand temps de vraiment y réfléchir. Bientôt 4 ans qu’elle est sur Terre à gambader dans tous les sens. Bientôt 4 ans qu’elle me fait surtout courir dans tous les sens. Qui a dit que les enfants n’avaient pas d’endurance ? Celui là devait être un gros dormeur durant son enfance. Le mien d’enfant, elle croque la vie à pleine dent. Des petites dents encore fragiles surtout celles de devant, mais admirablement féroces quand elle joue les mécontents. Ses camarades de jeux en gardent de douloureux souvenirs. Et dire qu’elle était appréciée des autres parents serait mentir. Il est donc grand temps de réfléchir à l’avenir. Dans quelle activité je vais bien pouvoir l’inscrire cette petite. À l’origine j’avais pensé au foot mais je me suis emballé un peu vite. Après recherches j’ai constaté que le foot féminin n’était pas médiatisé. Fan de l’OM je ne désespère pas de faire d’elle une véritable passionnée. En attendant j’ai pris des renseignements auprès de la piscine municipale. Elle aime l’eau et faire des longueurs ne devraient pas lui faire de mal, mais ces abrutis n’acceptent les tout petits qu’à partir de 6 ans. Comme s’il y avait un âge pour apprendre à nager aux enfants. En même temps je n’ai pas besoin de ces incompétents. Ma fille fera comme moi, elle apprendra en nageant. Bon moi je n’ai pas beaucoup appris selon ceux qui m’ont vu nager, mais croyez moi, elle, elle saura flotter là où j’ai tendance à couler. Pour l’instant elle s’adonne gentiment à la musique. Le piano et la guitare émettent quelques sons basiques, qui je l’espère se transformeront un jour en jolies mélodies. Sans doute qu’une initiation musicale serait la bienvenue aujourd’hui. Après qu’elle maitrise l’instrument ou pas… Du moment qu’elle s’amuse ça me suffira… amplement…. L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt à ce qu’il parait. Maintenant je comprend mieux pourquoi elle rejette autant les grasses matinées

mardi 8 février 2011

LES SOIREES CHAPEAUX DE LA REINE


Il était une fois la Belle et un gars pas spécialement charmant. Une belle au doux regard, un gars qui se prend pour un prince mais sans le cheval blanc. Ils se rencontrent un soir d’été chez la Reine ALE Masil. La Reine qui aime à tuer ses détracteurs avec son légendaire fusil, organise comme chaque année une soirée pour ses fidèles admirateurs. Le chapeau est de rigueur et qu’importe sa grandeur, qu’importe sa couleur. Quelques troubadours grassement nourris par la Reine bien aimée, égayent la soirée pour des convives modestement habillés. La Reine avait prévenu, sa demeure abrite un plan d’eau. Elle compte bien voir ses invités se mouiller avec ou sans maillot. L’alcool coule à flot et pour ceux qui ont les crocs, les cuistots ont mis sur la table toute sorte de viande et multiples gâteaux. La Belle, arrivée la première, discute gaiement avec quelques compères, des frères d’armes qui ne boivent rien d’autre que de la bière. Le gars pas spécialement charmant, lui, arrive bien plus tard pour pas changer. Une attitude de retardataire qu’il décrit même comme une grande qualité. La Reine lui pardonne volontiers et lui laisse même une chambre où se reposer. Le gars connait déjà les lieux et expédie rapidement la visite. Il a vu la Belle et veut très vite la rejoindre sur la piste. Leurs regards se sont déjà croisés mais ils font encore attention. Tous deux se connaissent et n’ont jamais osé se parler de front. Les sujets de la Reine se font de plus en plus nombreux, pendant que chanteurs et danseurs mettent de plus en plus le feu. La Belle se laisse aller à cette ambiance très entrainante. Elle n’a pas beaucoup de technique mais son corps se déhanche dans la chaleur ambiante. La magie opère peu à peu. Est-ce possible ? est ce imaginable qu’il ya ait entre eux un sentiment amoureux ? Noooooon, d’ailleurs, la Belle comme dans un conte de fée, quitte, aux environs de minuit, les festivités. Le gars a beau essayer de la retenir, mais la Belle a pris d’autres dispositions et elle doit s’y tenir. Aucune déception ne se dégage dans le cœur du gars pas spécialement charmant. Juste la satisfaction d’aller se coucher avec un sentiment naissant. Il était une fois la Belle et un gars pas spécialement charmant. Que sont ils devenus ? Ont-ils eu beaucoup d’enfants ? Ceci est une autre histoire qui fera sans doute l’objet d’un autre écrit

ADMV pour ML

jeudi 3 février 2011

LE TRAVAIL ET LA SANTE


Y Dor koué ?

Ayé, il parait que le travail c’est la santé. J’ai beau tourné dans tous les sens mais à ce rythme le travail va me tuer. J’ai essayé toute sorte de petits boulots avant de trouver ma voie. Une fois et seulement une fois je me suis mis au jardinage dans les hauts du Moufia. J’y suis allé tranquille sûr de moi et en savate deux doigts. Les fourmis m’ont accueillie joyeusement. Je les ai vus s’attaquer à mes pieds précipitamment. J’avais vu Rocky la veille alors j’ai essayé de me dire « j’ai pas mal » malgré les rougeurs sur mon gros orteil. Mais j’ai craqué au bout de 5 minutes et je me suis tiré sans rien réclamer. Quelques fourmis se sont accrochées pendant que je courais. A coups de gifles sur mes jambes j’ai réussi à les faire tomber. Alors si jardiner ça consiste à se faire agresser, je préfère laisser ça aux gens plus qualifiés. Car c’est aussi ça la réalité. Pour faire un métier il faut se spécialiser. Du coup j’ai tenté la vente de produit au téléphone. Le but était de vendre des packs de voyage à un listing de personnes. J’ai fait 3 jours de formation avant qu’on m’installe sur un poste. Salle climatisée, un bureau bien sympa et 2 outils : un téléphone et l’annuaire de la poste. A chaque pack vendu je récupère un pourcentage sur le contrat signé. Pas de fixe malheureusement, faut juste vendre un maximum aux clients sélectionnés. Dans mon équipe y avait des cadors, des gens qui sont apparemment fait pour ça. J’ai été régulier, respectant mon planning durant tout le mois. Oui je ne suis resté qu’un mois, ce n’était pas possible de rester plus longtemps. En effet au bout d’un mois je n’avais gagné que 50 francs. Tout ça pour un misérable voyage à Maurice vendu à un couple sans enfant. Je crois que j’ai été honnête avec moi-même, fallait que j’aille voir ailleurs. Ma mère s’était bien moquée, elle qui bossait durement sans compter ses heures. Heureusement que j’ai quand même ramené 50 francs. Ça m’a permis de ne pas rentrer bredouille et ainsi valoriser ce que j’ai fait de mon temps. Beaucoup de temps perdu c’est sûr vu ce que ça rapporte, mais dans ma tête je me suis dit que cette expérience peut m’ouvrir des portes. En vérité ça n’a servi à rien car beaucoup de portes sont restées fermées. A croire qu’il y avait une note qui circulait avec ma photo agrafée, où il était écrit : « celui là il ne faut surtout pas l’embaucher ». Alors j’ai finalement atterri au RSMA de St-Pierre avec, à l’époque, tous les loubards du coin. Y en a qui faisait vraiment peur, je les voyais plus faire coupable que témoin. Si je devais commettre un crime, sûr que je ne voudrais pas les avoir dans mon sillage. Le jury m’aurait mis au trou juste en voyant leur visage. Vite fait j’ai demandé d’arrêter l’armée. Je crois que le Capitaine avait compris que je n’avais pas ma place auprès de ces délurés. Après le mois de classe il m’a renvoyé du RSMA. Réformé, c’est ce qui était écrit sur le document que m’a remis le secrétariat. Ouai, super mais ça veut dire quoi ? En fait je n’ai pas cherché à comprendre, j’ai pris mes clics et mes clacs sans rien attendre, et j’ai débarrassé les lieux. Au passage j’ai ramené dans mon sac le short et le blouson bleu. Ce blouson bleu que certains mettent encore pour marquer qu’ils ont appartenu à l’armée. En tout cas l’armée, moi, elle ne m’a rien apporté. Je me suis rabattu sur les études en m’inscrivant à l’université. Belle période je dois dire surtout quand je me remémore les filles rencontrées. Ah les files de l’université, ce sont des étudiantes très studieuses. Elles étaient facile d’accès voire même très curieuses. Et je trouve très bien qu’une étudiante ait le sens de la curiosité. Avec quelques amis on les aidait à étudier. Elles récitaient leurs leçons pendant qu’on buvait un café. A d’autre on leur apprenait la langue surtout quand elles venaient de l’étranger. La cité internationale était devenue notre QG. On y était souvent pour ne pas dire tout le temps histoire de se faire remarquer. Et personnellement il y en a une que je n’oublierai pas, Hayley. Hayley si tu me lis : « hello how are you ? » Avec elle, j’ai appris l’anglais et c’est à peu près tout. Aujourd’hui je ne maitrise aucunement l’english et je m’en fou. Comme je l’ai précisé, j’ai trouvé ma voie même si ce n’est pas de tout repos. Je me reposerai quand je serai mort voilà mon crédo. Je me suis engagé sur tous les fronts et je ne regrette rien. Je mènerai à bien tous mes projets quoi qu’en disent certains. Le travail c’est la santé, ceci est totalement vrai à condition de regarder les autres travailler

mercredi 2 février 2011

L'ADO LES SENT TROP A CRANS


Y Dor koué ?
Aye, j’ai 12 ans je suis grand maintenant. Autour de moi j’entends dire que je suis un adolescent. Et on attend de moi que je ne me comporte plus comme un vulgaire enfant. C’est donc fini de jouer aux billes, je peux prendre plus de risque. Je m’attaque à des jeux plus dangereux et j’en ai plein sur ma liste. Mon physique se transforme de jour en jour. Je prends des centimètres bien comme il faut et je pèse de plus en plus lourd. Dolto ose me comparer à un homard. Elle aurait pu faire pire en m’assimilant à un lézard, alors faut bien que je le teste ce nouveau corps. Tiens j’irai bien me jeter du balcon pour voir s’il est apte à affronter la mort. Avant ça je vais me faire quelques cascades, et si je me fais mal ce n’est pas grave je me soignerai avec de la pommade. Je ne crains rien, j’ai peur de rien, c’est moi l’adolescent. La preuve, à ma vue ces soit disant adultes baissent les yeux en tremblant. Je ne fais rien de spécial pourtant, juste des choses de mon âge. Mais la société attend d’un être comme moi que je sois très sage. La sagesse je l’aurai quand j’aurai perdu toutes mes dents de devant. D’ici là j’ai le temps de découvrir les joies et plaisirs de ma vie d’adolescent. En premier j’irai voir du coté de la sexualité. Les « touche pipi » ça c’est bien terminé, moi je veux du sexe, du vrai et pas qu’en photo. La masturbation s’offre à moi et je m’en ferai bien une petite devant une vidéo. En même temps que je découvre ce corps d’adolescent, je m’attaque à ces privilèges jusque là réservés aux plus grands. La famille compte beaucoup, d’ailleurs j’adore mes parents, mais s’ils continuent à me distiller leurs conseils à tout instant, ils vont finir par m’entendre à tout bout de champs. Qu’est ce qu’ils croient ? Que je vais me laisser faire aussi facilement ? Ils sont passés par là ils devraient comprendre mes ressentiments. C’est d’ailleurs de leur faute si je goutte à la cigarette, à l’alcool. A force je commets même des actes qui peuvent me conduire en taule. Ils me reprochent de me lever tard, de trainer au lit. Ils ne sont jamais contents, bébé ils m’en voulaient de me lever à 6h et demi. À peine s’ils entendent que j’ai besoin de dormir avec tout ce que je fais la nuit. Il m’arrive d’aller danser mais ce que je préfère c’est rester avec mes amis. On parle d’affronter le monde avec la volonté de vouloir le changer, et pour ça, comptez sur nous on fera tout péter. Heureusement que je suis capable de réflexion. Mon jeune âge ne m’interdit pas de me poser les bonnes questions : « combien je dois faire cracher à papa et maman pour un nouveau pantalon ? » Je suis un adolescent et dans mon cheminement vers ce monde d’ignorant, il me faut faire mes propres expériences, impossible d’agir autrement. Ceux qui auront compris combien l’adolescence peut être angoissante, ceux là auront compris combien pour moi ils peuvent être importants. C’est un passage obligé et la traversée peut durer trop longtemps. J’envisage d’aller jusqu’au bout de ma vie. J’avance dans cette crise pas à pas avec beaucoup de heurts et beaucoup de bruits. Je ne veux pas passer inaperçu. Je veux être vu, je veux être entendu. J’ai des choses à dire malgré tout mes silences. Je ne lance aucun appel j’attends juste qu’on me tende la main sans aucune offense. Parce qu’il faut le savoir, je prends très vite la mouche. Et là je ne sais pourquoi je ne contrôle plus ce qui sort de ma bouche. Faut pas m’en vouloir c’est normal ce qui se passe, ça fait parti de mon développement faut juste que ça se passe. A chaque fois on me renvoi « tu verras quand tu auras 18 ans ». S’ils savaient que de ce genre de message je ne suis pas client. Ils s’évertueraient surement à me parler d’aujourd’hui et non de demain. Ils ne peuvent ignorer que pour un jeune tel que moi, demain c’est trop trop loin. Je suis un adolescent et je ne crois pas que ça soit un problème. Moi je veux juste qu’on m’accepte tel que je suis et qu’on m’aime. Laissez-moi faire ma vie sans me délaisser pour autant. Laissez-moi faire ma vie et surtout ne restez pas indifférent. Je ne veux rien révolutionner. Je suis riche d’émotion que je peine à organiser. Quand je m’agite arrêtez de croire que je suis zamalé. Je me distingue par mes particularités. Je me distingue parce que je veux qu’on prenne en compte toute mon originalité. Alors soyez à l’écoute s’il vous plait, soyez à l’écoute et n’attendez pas que j’appréhende l’arrivée de la majorité

lundi 31 janvier 2011

LE COQ DU VILLAGE


Y Dor koué ?

Ayé, alors à qui le tour, hein, à qui le tour ?? La question n’arrête pas d’être posée chaque jour. Tout avait pourtant si bien commencé pour le petit gosse du quartier. Enfant voué à l’échec il était celui sur lequel on n’aurait pas parié. L’argent pourtant fallait en gagner tout le temps par tous les moyens. L’argent il en fallait pour ne pas être considéré comme un bon à rien. Alors quelques petits chapardages ont permis de construire une réputation, mais heureusement, de petit chenapan il est vite passé à grand champion. Bon fallait pas trop lui demander de causer après chacun de ses combats. Parce que répondre aux questions en bon français ça il ne sait pas. Lui son langage c’est coup de pied, coup de poing, coup de genou. Occasionnellement il rajoute des coups de tibias voire des coups de coudes. L’important c’est de rester debout peu importe si la figure comporte quelques « boubou ». Le gout du sang qui s’écoule. Ce sang qui attise et attire la foule. Le champion ne veut pas en perdre une miette. Qui ose se mettre sur sa route recevra plus qu’un simple uppercut. Deux, trois « taba dan la guèl » pour montrer c’est qui le maître. Pas besoin d’être armer, lui c’est avec son corps qu’il vous fait votre fête. La fête, beaucoup l’ont fait au soir de sa mort, découpé en petit morceau par ces faibles qui le voyaient trop fort. Seul contre tous impossible d’échapper à toutes ces lames. Seul contre tous impossible de ne pas rendre l’âme. Est-il allé au paradis ou en enfer, j’en connais qui consultent déjà marabouts et autres femmes d’affaires. Car qu’on le veuille ou non, eux aussi finiront à six pieds sous terre…

lundi 13 décembre 2010

SABRINA



Y Dor koué ?

Aye, j’ai retrouvé Sabrina, la « cafrine do fé ». Sabrina n’a pas beaucoup changé il faut le préciser. Elle a bien grandi depuis la cour de récré. Elle a pris quelques kilos, normal quand on se laisse aller, mais elle a gardé le même tempérament, le même visage. Derrière ses lunettes de soleil elle est restée aussi sauvage. J’ai juste eu à l’entendre pour me dire « oula mais c’est Sabrina ». Elle arrivait au loin, poussette en main et faisant entendre sa grosse voix. Elle est restée telle que dans mes souvenirs, provocatrice et vulgaire. Une provocation qui ne se limite uniquement pas au vestimentaire, car ce que Sabrina au aussi de très riche c’est son vocabulaire. Sabrina aime les injures, elle en est même imbibée. L’alcool n’est qu’un second allié pour ma copine Sabrina. Si elle pouvait se taire je suis prêt à lui refiler quelques francs CFA. Sabrina est intarissable et quand elle est lancée difficile de pas l’écouter. Depuis toute petite elle s’exprime sans vraiment réfléchir à ce qu’elle dit. Son seul mérite est de pouvoir attiser la foule en faisant beaucoup de bruit. Sabrina hait ceux qui, selon elle sont les responsables de ses malheurs : « le komor ». « Le komor », cet être venu d’ailleurs à qui Sabrina donne tous les torts. « Le komor » n’a aucune excuse, il est coupable même si on devait le déclarer mort. Et Sabrina n’aura aucune pitié pour l’accuser de tous les maux de la société. C’est ainsi que Sabrina voit les choses et ce n’est pas prêt de changer. Dixit Sabrina, « le komor » doit retourner dans son pays, parce que, dit-elle, « le komor » pue, sent mauvais et lui vole son RMI. Sabrina exprime les pires insanités vis-à-vis des comoriens. À coté, « totoche » et « nanguète » sont des caresses donnés à un chien. Sabrina aime à dire qu’il y en a qui sont bien. Heu… les comoriens pas les chiens, mais à condition qu’ils se taisent et qu’ils évitent de croiser son chemin. J’ai retrouvé Sabrina ancré dans son attitude de rejet. Je lui aurai bien jeté un galet mais je ne suis pas sûr de bien viser. Et si en plus je dois me faire arrêter pour l’avoir agressé… La violence faite aux femmes est un sujet d’actualité, alors ce n’est pas le moment de me faire épingler. Sabrina est une femme réunionnaise, une vraie. Une femme libre de débiter ses pensées et tant pis si ça doit blesser. « Le komor » est le bouc émissaire idéal, une plaie, le fautif tout trouvé. Malheureusement Sabrina n’est pas la seule à idéaliser cette horrible idée. Sabrina est une parmi tant d’autres. Elle n’est qu’une parmi les autres. Sabrina ne m’a pas reconnu assis sur mon banc. Prise dans ses railleries, elle n’a pas remarqué le garçon avec qui elle jouait enfant. Au pire si elle m’avait sollicité je l’aurai ignoré sans pour autant être arrogant, car finalement, si Sabrina est aussi conne aujourd’hui, c’est qu’elle a grandi dans un milieu rempli d’abrutis. Sabrina a des enfants…. J’espère qu’ils ne seront pas le reflet de leur maman…

mercredi 27 octobre 2010

RADIO FREEDOM EN CACHET SVP




Y Dor koué ?

Ayé, Freedom est vraiment une radio qui sort de l’ordinaire. Et si je peux dire ça c’est que j’ai moi-même écouté des journées entières. On fait la sourde oreille, genre Freedom non je ne connais pas. Mais faut pas se leurrer, tout le monde connait même celui qui n’entend pas. Alors il y a deux écoles qui s’affrontent. L’école de ceux qui ne font qu’écouter, parfois en se cachant, par honte. Et l’école de ceux qui écoutent religieusement et qui n’hésitent pas à appeler sans aucune honte. Moi je me situe, comme une bonne majorité de la population, dans la première école. De temps en temps je suis ce qui s’y passe, quand, des autres radios, j’ai un véritable ras le bol. Et je me marre, mais je me marre des résidents de la deuxième école. Pas tous quand même, car il y en a qui sont malgré tout censé dans leurs interventions. Ils parlent déjà correctement, sans ce foutu mélange français/créole aux horribles conjugaisons. Ils ont l’air intéressant et on peut penser qu’ils maitrisent un peu leur sujet. Des sujets qui traitent bien souvent de tout et de n’importe quoi. Plus souvent de n’importe quoi, mais ils ont le mérite d’en parler. De toute façon le but de la radio c’est justement de parler de tout sans que ça fasse n’importe quoi. Et le n’importe quoi à Freedom, c’est quasiment une règle, une loi. D’ailleurs on peut aussi appeler Freedom pour tout et pour rien. La radio fait office de service social, de bureau d’information, de bureau des lamentations, de bureau d’objet trouvé en passant par les chats et chiens, d’annuaire téléphonique, de point jeux loto quine, de point rencontre coquine… Bref la radio sert à tout et à rien et ça, la population l’a très bien compris. Par contre, en cas de besoin, je vous conseille d’appeler le jour parce que l’animateur de nuit, lui, il a vraiment l’air endormi. Ce matin j’écoutais Freedom par hasard. Heu oui… faut préciser qu’on écoute toujours Freedom par hasard. Donc, j’écoutais Freedom et je tombe sur cette question d’un auditeur : « oui j’appelle parce que je n’ai plus de courant sur mon secteur… » Et là je me dis : que peut faire Freedom pour ce pauvre malheureux ? Pourquoi il n’appelle pas directement EDF pour avoir ce qu’il veut ? Pourquoi ? Mais pourquoi nom de Dieu !!! Et là l’animatrice le garde en ligne une bonne dizaine de minute comme si c’était un fait dangereux. Ils sont vraiment trop fort ces animateurs que beaucoup apprécie. Ils sont capables de nous faire croire qu’ils sont attentifs à nos conneries. Moi je les vois plutôt se moquer de nous, derrière leur micro anti bruit, en alimentant les ragots et autres histoires à dormir debout. Et le pire c’est qu’ils ont presque réponse à tout. La CAF, la Sécu et autres services, devraient avoir une permanence dans leurs locaux. Si vous êtes en danger, un appel à Freedom peut vous sauver la peau. Sauver la peau des gens c’est aussi ça le crédo de la radio. J’ai le sentiment que ceux qui appellent sont au bord du trou. Si on ne les écoute pas, c’est la catastrophe, ils vont devenir fous. Alors Freedom revêt son costume de super héros. Et avec tous ses disciples la colombe réfléchit à vous sortir la tête de l’eau. Pas d’inquiétude car avec Freedom tout problème a sa solution. Et si Freedom ne peut pas répondre, ce qui est rare quand on lui pose une question, un auditeur se fera le plaisir de vous dire comment faire dans chaque type de situation. Radio Freedom fait parti du paysage radiophonique réunionnais. Impossible de l’ignorer à moins d’être un nouveau né. Et encore, même celui là sera bientôt contaminé. Pour en réchapper il ne suffira pas de tourner le bouton de l’autoradio. Durant la journée il y aura toujours un aficionado pour vous faire regretter de ne pas avoir écouté la radio. Oui le regret c’est ce qu’on ressent quand on rate l’occasion d’écouter la bêtise des gens. Et les champions toute catégorie dans cette discipline sévissent sur radio Freedom

vendredi 22 octobre 2010

LE "GRAND" RAID


Y Dor koué ?

Ayé, ça va transpirer dure. L’appel est de nouveau lancé pour un grand rassemblement qui perdure. La manifestation s’amplifie et prend même de l’envergure. On attend des milliers de bons marcheurs superbement équipés. Paire de baskets dernier cri, réserve d’eau hyper sophistiquée, casquette ou tout autre couvre chef pour bien se protéger, un petit sac de provision alimentaire pour parer à toute éventualité… Oui ça va suer dure pour arriver au bout du parcours. Courir ne sera pourtant pas évident surtout avec ce soleil de plus en plus lourd. Faudra ménager ses efforts quitte à beaucoup se reposer voir même marcher grouper. L’union fait la force mais rester ensemble c’est aussi un bon moyen de progresser. La route est longue et sinueuse, le moral est mis à rude épreuve. Les encouragements ne suffisent pas toujours, surtout quand ceux qui encouragent le font avec boissons fraiches et petits fours. Mais l’engagé est convaincu de sa lutte. Quoi qu’il arrive il faut absolument atteindre le but. La rage de vaincre fait l’unanimité, et c’est valable pour les plus jeunes comme pour les plus âgés. Le « grand » raid finira bien par plier. 163cm de rigidité qui refuse d’entendre actifs et retraités. On a presque envie de lui mettre un bon coup de pied, histoire de lui dire « heps, tu vas nous écouter !! ». En métropole l’essence vient à manquer par la volonté des routiers de faire craquer ceux qui sont au sommet. A la Réunion rien de bien particulier à part ce fait marquant et qu’il faut signaler. L’actualité qui domine c’est cette diagonale des fous, qui chaque année réunit les plus insensés d’entre nous. Une course folle et mythique qui fait la fierté de tous les réunionnais. Une fois lancée il n’y a pas de retraite possible, il faut y aller, l’objectif c’est d’arriver que ce soit en 24h ou en 3 jours. Qu’importe la douleur on y va pas pour appeler au secours. Pour ma part je dis respect pour tous ceux qui iront braver nos montagnes enchantées. 163km du sud au nord et je vous parle pas des dénivelés, j’ai mal déjà rien qu’à y penser. Je vais plutôt me contenter de mon 82cm pour suivre chaque étape jusque l’arrivée. Je suis de tout cœur avec vous les gars, que vous soyez premier ou dernier…

mardi 19 octobre 2010

UN CHÂTEAU DE RÊVE (EURS)


Y Dor koué ?

Ayé, ah que c’est bon de revenir chez soi. Ah oui que c’est bon de retrouver les siens le lundi soir. J’avais profité d’un incessant brouhaha pour prendre le chemin de la sortie, une petite porte dérobée sans dire au revoir comme un vulgaire malpoli. Je me suis sauvé sans me retourné. J’avais juste envie de prendre un peu l’air, évacué. Deux mois d’absence censés me faire du bien, beaucoup de bien. J’ai envoyé bouler quelques responsabilités sans pour autant me laver les mains. J’ai des critiques à faire mais finalement à quoi bon !!! Tout roule comme dans le meilleur des mondes au sein de l’organisation. De toute façon ma voix compte si peu, pourquoi irai-je crier mon insatisfaction. Quelques voix autour de moi ont su me tenir le discours qu’il fallait. Ça a commencé par MyMiss à coup d’encouragements quotidiennement répétés. Petunia a mis aussi son grain de sel en envoyant un mail légèrement sucré. Ça a continué avec Queen of the Totoche qui m’a rappelé le lien qui nous unit, l’Équipe avant tout et l’Équipe à tout prix. Jimax en a rajouté une bonne couche par le biais d’un inattendu appel téléphonique. Mumu avait déjà tenté quelques arguments malgré mes idées arrêtées, presque catégoriques. Avec beaucoup de compréhension la petite a su faire état de son grand esprit critique. Je savais que LVQP m’attendait avec mes costumes de saison. C’est notre créateur attitré et de sa boite je me ferai volontiers le porte fanion.
Il ya quelques jours WilPiperléspid nous avait invité à un spectacle. C’est bon ça surtout quand ça se termine autour d’une bonne table. Le discours engagé avait soulagé quelques ressentiments et il est clair que cette petite bande s’apprécie vraiment malgré des opinions divergentes. Des souvenirs qui reviennent, des fous rires retrouvés, comment j’ai pu me passer de cela sans sourciller. Mais c’est fini maintenant, je suis heureux de retrouver cette famille, cette Équipe, des êtres à part, capable de jouer dans une patinoire, habillés ou en slip. On ne vise aucun titre à part celui du plaisir, un plaisir qui sera plus complet lorsque Stephane nous rejoindra dans notre délire. Première étape ce samedi pour un match organisé par la LIR. Les Rêveurs sont de retour, ne faites aucun détour car c’est sûr qu’ils ne bougeront pas le petit doigt sans votre concours…
Et votre thème sera…

samedi 2 octobre 2010

A PIED JE ROULE PLUS VITE


Y Dor koué ?

Ayé, ma voiture m’a définitivement lâché, la garce. Et dire que j’ai déboursé pour un contrôle technique en mars. Marcher, voilà ce qui m’attend à partir de maintenant. Pour un sportif tel que moi ce n’est pas alarmant, mais je risque d’arriver encore plus en retard à mes rendez-vous. C’était déjà bien compliqué avant alors comment ça va être sans mon 4 roues. « Roule n…… ton nénène !!! », j’ai beau insisté mais elle ne veut vraiment pas démarrer. Raison suffisante pour que je l’abandonne dans une casse. Je ne veux même pas savoir si elle est réparable la garce. J’irai au bout de ma démarche tant pis pour elle. Je ne vais pas me gêner pour la remplacer par une nouvelle. J’irai me chercher une Polo voire même une Volvo car plus jamais je roulerai encore en Saxo ou en Twingo. Pour avoir la voiture de mes rêves, seule certitude, je n’ai pas intérêt à cumuler les jours de grèves. Y en a beaucoup qui sont dans la même logique que moi. Après deux mouvements sociaux dans le même mois ils ont préféré cette fois-ci manifester le samedi. Il faut au moins ça pour pouvoir se payer une petite Audi. C’est couillon comme raisonnement mais c’est un discours valable pour les travailleurs, car on sait tous très bien que les bénéficiaires du RMI ont plus aisément accès à ce bonheur. Pour ma part je suis loin de toucher à ce bonheur tellement je suis au cul comme Jobbe. Rien à voir avec le fait de pas bosser, j’ai même un excellent job. Mais à trop vouloir plus, toujours plus, à la fin je n’ai dans les mains que le résidu. Heureusement que dans cette vie bien matérielle, Il y a des êtres, un être qui vous ramène au plus important, à l’essentiel. La vie est belle et je le vois chaque jour. Je jouis d’un bien difficilement quantifiable et qui ne s’achète pas : l’amour